Le président américain Donald Trump a publié, le 19 octobre 2026, un message de « soutien total et sans réserve » au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en vue des législatives décisives qui se profilent en Israël, premier scrutin organisé depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi.
Sur son réseau Truth Social, M. Trump a appelé les Israéliens à réélire « Bibi », le surnom que portent les partisans du chef du gouvernement. « C'est le genre de partenaire que les États-Unis demandent d'Israël, un pays pour lequel ils ont tant fait », a-t-il écrit, selon des informations rapportées par La Libre.be.
Une bénédiction américaine au moment le plus serré de la course
Ce soutien public tombe à point nommé pour un Netanyahu engagé dans une course électorale resserrée, selon les sondages. L'homme qui a passé plus de dix-huit années au pouvoir et qui fêtera mercredi ses 77 ans mise désormais son entière campagne sur cette relation privilégiée avec Washington, présentée comme le gage de la sécurité d'Israël.
Le chef du gouvernement israélien a réagi dans la foulée sur X. « Merci, Monsieur le Président Trump, pour votre immense soutien et pour notre travail en commun. Ensemble, nous mènerons la mission à son terme ! », a-t-il écrit, avant d'appeler les électeurs indécis à « écouter » Donald Trump et à voter pour lui.
Dans cette logique de campagne, M. Netanyahu a résumé l'enjeu du scrutin en des termes sans ambiguïté. « C'est la survie d'Israël, la garantie de l'éternité d'Israël : voilà ce qui se joue dans cette élection », a-t-il insisté, en rappelant que le partenariat avec Washington aurait permis « d'écraser l'Iran, d'écraser l'axe iranien et d'éloigner la menace immédiate » du nucléaire iranien.
Téhéran répond : « Faites attention »
La réponse de Téhéran n'a pas tardé. Dans la nuit, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a averti sur X : « La dernière fois que vous avez voulu finir le travail, l'Iran en est sorti encore plus fort. Vous voulez retenter votre chance ? Comme vous voulez. Mais faites attention ; nous avons aussi du travail à finir. »
La formule sonne comme un avertissement direct adressé au tandem Trump-Netanyahu, à quelques semaines d'un scrutin que les deux camps présentent déjà comme un rendez-vous historique pour la région.
Une guerre qui a ravagé Gaza et isolé Israël
Le contexte de ces législatives est lourd. Le scrutin sera le premier organisé en Israël depuis l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, à laquelle Israël a riposté en lançant une guerre qui a ravagé la bande de Gaza, avant d'occuper une partie du Liban et de bombarder l'Iran avec l'aide des États-Unis.
La conduite de cette guerre par M. Netanyahu a isolé son pays à l'international. Elle lui a valu des poursuites devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza, une situation sans précédent pour un chef de gouvernement allié des puissances occidentales.
Formé en décembre 2022, le gouvernement actuel a aussi accéléré la colonisation de la Cisjordanie occupée, où les attaques de colons ont explosé dans un climat d'impunité, au point de susciter quelques remontrances américaines. Des remontrances qui, on le voit aujourd'hui, n'ont jamais empêché l'engagement public d'un président américain en pleine campagne électorale israélienne.
Il faut le dire avec sobriété : ce qui se joue à Tel-Aviv et à Washington dépasse largement les frontières du Moyen-Orient. Pour tous les peuples qui, comme Haïti, connaissent le poids des décisions prises dans les capitales étrangères, cette scène est familière. Un grand décide pour un petit peuple. Un allié puissant garantit l'impunité d'un autre. Et la « communauté internationale » regarde ailleurs.
Des alliés en désaccord sur la fin de la guerre
Malgré leur alliance contre l'Iran, qu'ils ont bombardé ensemble le 28 février, déclenchant la guerre au Moyen-Orient, les relations entre MM. Trump et Netanyahu ont traversé une série de hauts et de bas.
Confronté à l'impopularité aux États-Unis du conflit avec l'Iran, qui a fait monter les prix des carburants, Donald Trump a conclu en avril un cessez-le-feu avec Téhéran, devenu depuis lettre morte. Il s'était publiquement emporté contre son allié, l'accusant de vouloir saboter les négociations en cours avec des bombardements sur Beyrouth contre le Hezbollah pro-iranien.
En août, M. Netanyahu a également annoncé qu'il rejetait, comme le demandaient ses alliés d'extrême-droite, une feuille de route américaine pour la sortie de guerre de la bande de Gaza, incluant un accord du Hamas pour son désarmement, ce que Donald Trump avait salué comme une avancée majeure. Le partenaire de Washington choisit donc le moment qui l'arrange pour accepter ou refuser les plans de la Maison-Blanche, sans que la relation stratégique n'en souffre durablement.
L'opposition israélienne réclame la liberté de choix
Son principal rival électoral, Gadi Eisenkot, a réagi en soulignant que « seuls les Israéliens pouvaient choisir leur dirigeant », tout en assurant, lors d'une conférence à Tel-Aviv, qu'il « admirait le président américain ».
La nuance en dit long sur l'état du débat : même l'opposition se sent obligée de rendre hommage au président américain pour exister politiquement. Quand la bénédiction de la Maison-Blanche devient un argument de campagne, c'est toute la souveraineté populaire qui se trouve en jeu, où qu'on soit dans le monde.
Ce que retenir de ce soutien avant le vote
Pourquoi le soutien de Trump est-il important pour Netanyahu ?
Benjamin Netanyahu est engagé dans une course serrée selon les sondages. Il présente sa relation privilégiée avec le président américain comme le gage de la sécurité d'Israël, et le message de soutien du 19 octobre 2026 vient directement appuyer cet argument de campagne.
Quel est le contexte de ces législatives israéliennes ?
C'est le premier scrutin organisé en Israël depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. La guerre qui a suivi a ravagé la bande de Gaza, conduit à l'occupation d'une partie du Liban et à des bombardements américano-israéliens contre l'Iran le 28 février.
Quelles conséquences judiciaires pour Netanyahu ?
La conduite de la guerre à Gaza a valu au Premier ministre israélien des poursuites devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza.
