La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré, ce mercredi 14 octobre 2026, qu'elle travaille davantage que ses prédécesseurs masculins, car elle assume seule les tâches domestiques de son foyer. Interrogée au Parlement sur les longues heures passées traditionnellement par les dirigeants nippons en séance, elle a répondu sans détour : elle fait la vaisselle, en plus de diriger le pays.
Selon Paris Match, qui rapporte les propos tenus devant un membre de la coalition au pouvoir, la cheffe du gouvernement s'est appuyée sur son propre rythme de vie, qu'elle documente depuis sa prise de fonctions. Un rythme qu'elle décrit elle-même comme épuisant.
Une charge de travail qui a relancé le débat sur le temps de travail
Le débat a été relancé par Fumitake Fujita, député du Parti de l'innovation du Japon, qui a cité une étude montrant qu'en 2022, le Premier ministre japonais avait assisté à 72 jours de séances parlementaires, contre 50 jours au Royaume-Uni et 13 jours en Allemagne.
« Le fait que notre dirigeant soit confiné pendant de si longues heures au Parlement n'est pas conforme aux standards internationaux », a déclaré Fumitake Fujita.
La Première ministre, elle, ne conteste pas l'ampleur de sa charge. Le 20 juillet dernier, jour férié au Japon, elle avait partagé sur X sa joie d'avoir enfin du temps libre.
« Ce jour de congé est vraiment précieux, et pour la première fois depuis longtemps, j'ai pu dormir cinq heures d'affilée », avait-elle confié, précisant dormir « en moyenne entre zéro et trois heures » depuis sa prise de fonctions.
Une surcharge qui interroge, au-delà du Japon
Sanae Takaichi a également admis qu'en raison des « piles de documents » qu'elle rapportait chez elle, il lui était « difficile de trouver le temps nécessaire pour se concentrer et réfléchir avec un esprit clair » à l'orientation future du pays.
Au-delà de la santé personnelle de la Première ministre, ces déclarations ont rouvert deux débats sensibles dans l'archipel : la durée du travail et les rôles de genre.
Le poids invisible du travail domestique
Le Japon reste marqué par une sous-représentation chronique des femmes en politique : seulement 68 élues sur les 465 sièges en jeu lors des dernières élections à la Chambre basse, en février 2026.
Selon une étude de l'OCDE, les époux japonais ne consacrent que 47 minutes par jour aux tâches domestiques, quand les femmes y passent trois heures et demie. Dans les foyers avec un enfant, les mères consacrent presque sept heures quotidiennes à ce travail non rémunéré, a rapporté Paris Match.
Ce constat n'est pas propre au Japon. Partout, le travail invisible des femmes soutient des économies qui ne le comptabilisent jamais.
