Le chorégraphe français Philippe Decouflé présente « La fin des temps », une adaptation du roman d'Haruki Murakami, au Théâtre du Châtelet jusqu'au mercredi 21 octobre 2026. Selon Franceinfo, qui a recueilli ses propos le 17 octobre, le créateur revendique un « spectacle total » où se mêlent ballet, théâtre, musique et kabuki.
Il y a dans cette histoire quelque chose qui nous parle. Un artiste qui refuse les cases, qui brise les carcans du genre, qui prend un roman japonais et en fait une comédie musicale, une dystopie, une histoire d'amour. C'est un geste de liberté, et la liberté, nous qui la reconstruisons pierre après pierre, nous savons ce qu'elle coûte.
Une œuvre qui traverse les genres
Philippe Decouflé a gagné le monde entier avec la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Albertville en 1992. Trente-quatre ans plus tard, il continue de défricher. « J'ai moins peur aujourd'hui des mots et de mélanger les différentes formes théâtrales », explique-t-il au micro de Franceinfo.
Le spectacle, monté à partir d'une proposition d'une productrice japonaise fidèle depuis Albertville, se déroule au milieu des années 1980. Mais dans un pays toujours en avance sur le plan technologique, on y parle presque déjà d'intelligence artificielle. Le roman de Murakami devient ainsi une fable sur notre présent, sur nos machines, sur ce que l'humain laisse échapper quand il confie son avenir aux calculs.
« Si on fait les choses avec le cœur et si on y croit a priori ça se mélange bien », assure le chorégraphe. Une phrase simple, presque modeste, qui dit beaucoup sur la manière dont une œuvre naît : non pas dans les salles de conseil des industries culturelles, mais dans la conviction intime de ceux qui créent.
Le Japon, une fidélité de long terme
Tous les dix à quinze ans, Decouflé crée au Japon. Avant Murakami, il a adapté un manga, puis un livre pour enfants. Il y retourne parce qu'il y trouve « une force de travail immense et un investissement énorme », dit-il, et parce que ses partenaires japonais « font tout pour qu'on arrive au meilleur résultat ensemble ».
On pourrait craindre la rigidité d'un tel cadre. Decouflé répond l'inverse : il aime « que ce soit cadré, savoir pour qui je travaille et dans quel contexte ». Dans tous les travaux de commande, dit-il encore, il y a des barrières et des limites, « il faut juste les identifier pour jouer avec ».
Ce dialogue fécond entre la France et le Japon rappelle que les ponts entre les peuples se construisent d'abord par l'art. Tandis que certains pays changent de dirigeants et d'élan, comme le Japon avec l'arrivée de
