Himalaya : l'espoir renaît des décombres, la solidarité doit suivre
Douze jours après la crue meurtrière du 26 août dans l'Himalaya, les sauvetages miraculeux de ces derniers jours redonnent un souffle d'espoir à tout un peuple. Au Népal, trois personnes ont été extraites vivantes des tunnels ensevelis, tandis que les secours poursuivent leur lutte acharnée contre la boue et les débris. Mais derrière ces lueurs, ce sont des milliers de familles qui pleurent et des centaines de milliers de sinistrés qui attendent tout de l'État et de la communauté internationale.
Le bilan officiel, publié dimanche, fait état d'au moins 1 385 morts, dont 1 342 au Népal et 43 au Tibet chinois. Plus de 5 500 personnes restent portées disparues, parmi lesquelles des centaines de touristes et de pèlerins étrangers. Au Népal, les autorités sont toujours sans nouvelles d'environ 900 agents et ouvriers présents dans des centrales électriques ou des chantiers de barrages lors du désastre.
Des sauvetages qui redonnent espoir à toute la nation
Vendredi et samedi, trois hommes, deux ouvriers népalais et un citoyen chinois, ont été retrouvés sains et saufs dans des tunnels hydroélectriques ensevelis. Une sexagénaire a également été extirpée de sa maison détruite. Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a salué ces sauvetages qui ont, selon lui, « redonné espoir à toute la nation ».
Le ministre de l'Énergie, Biraj Bhakta Shrestha, a expliqué à l'AFP que les opérations se poursuivent malgré des défis immenses : « Nous sommes confrontés à de nombreux défis. En deux endroits, il n'est pas possible de faire atterrir un gros hélicoptère pour déposer le matériel nécessaire. Mais nous explorons plusieurs scénarios, nous progressons. »
Un ouvrier rescapé a raconté qu'il était accompagné de 40 à 50 personnes lorsqu'il a rejoint le tunnel où il est resté prisonnier neuf jours. Les autorités estiment qu'une centaine de personnes pourraient toujours s'y trouver.
Un « tsunami himalayen » aux conséquences dévastatrices
L'immense vague d'eau glacée, de roches et de débris, provoquée par l'effondrement d'un glacier et d'un pan de montagne, a tout balayé sur son passage : routes, ponts, habitations, infrastructures. La coordinatrice de l'ONU au Népal, Lila Pieters Yahia, a décrit le désarroi des 84 000 sinistrés qui « ont tout perdu en une ou deux minutes ». Elle a alerté sur les risques sanitaires dans les camps d'accueil : « On ne peut pas écarter le risque du choléra. Il est temps de venir en aide au Népal. Maintenant. On ne peut pas les abandonner. »
Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, évoque un « tsunami himalayen » et évalue le coût de la reconstruction à « plusieurs milliards de dollars ». Les autorités peinent à identifier les victimes : dimanche, seule une centaine de corps avaient été formellement identifiés et rendus aux familles. Le Népal observe lundi un jour de deuil national.
La jeunesse et la résilience, seules réponses à la tragédie
Dans les camps de fortune, la vie s'organise tant bien que mal. Bhagawati Khatiwada, 50 ans, commerçant à Devighat, témoigne : « J'ai perdu ma maison et mes terres. Il nous faut un hébergement permanent, le gouvernement doit nous aider. » Suchitra Joshi, 36 ans, déplacée, confie : « La vie était si simple il y a dix jours. Maintenant nous ne savons plus où aller, ni que faire. »
Face à l'ampleur du désastre, la solidarité nationale et internationale doit être à la hauteur. Le Népal, pays meurtri par l'histoire et les catastrophes, a besoin de plus que des promesses. Il lui faut des actes, des moyens, et une reconstruction qui ne laisse personne au bord du chemin. Comme toujours, ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort. Mais comme toujours aussi, la dignité et la résilience du peuple népalais forcent le respect.
Côté chinois, la télévision publique CCTV a diffusé des images de pelleteuses déblayant les gravats au poste-frontière de Gyirong, réduit à une étendue lunaire. Plus de 2 300 secouristes et 8 800 engins sont mobilisés. Mais les médias officiels, seuls autorisés à se rendre librement au Tibet, n'ont pas montré les sinistrés ni les familles des disparus. Le silence des autorités chinoises en dit long sur leur conception de la transparence et de la dignité humaine.
En ces heures sombres, nous pensons à toutes les victimes, à leurs familles, et à ces héros anonymes qui creusent sans relâche. Leur courage nous rappelle que l'humanité, même fracassée, sait se relever. Et que la solidarité, véritable, sincère, est la seule réponse à la barbarie de la nature et à l'indifférence des puissants.