États-Unis : la justice bloque encore Trump sur le vote par correspondance
Une juge fédérale américaine a prolongé vendredi l'interdiction faite au service postal des États-Unis (USPS) d'appliquer le décret présidentiel de Donald Trump visant à restreindre le vote par correspondance pour les élections de mi-mandat. Cette décision constitue un nouveau revers majeur pour l'administration, alors que les premiers bulletins commencent à être envoyés aux électeurs.
Une bataille juridique aux enjeux démocratiques
La juge Indira Talwani, du tribunal de district des États-Unis, a transformé son ordonnance temporaire en injonction préliminaire. L'administration Trump a déjà saisi la Cour suprême pour tenter de lever ce blocage, mais le temps presse. La Caroline du Nord a commencé à expédier ses bulletins vendredi, et d'autres États suivront dans les prochains jours.
Près d'un tiers des électeurs américains votent par correspondance. Les responsables électoraux affirment qu'il est impossible d'adapter leurs systèmes aux nouvelles directives de l'USPS à ce stade du cycle électoral.
« Les États plaignants sont tenus, en vertu de leur législation, d'envoyer des millions de bulletins de vote aux électeurs dans les délais impartis. Comme indiqué ci-dessous, il leur est impossible de modifier cette procédure à ce stade avancé du cycle électoral, ce qui risque fortement de priver de leurs droits civiques de nombreux électeurs éligibles », a écrit la magistrate, nommée sous Barack Obama.
Une manœuvre contre le droit de vote
Donald Trump n'a jamais caché sa volonté de limiter le vote par correspondance, bien qu'il y ait lui-même souvent recours. Il attribue sans preuve sa défaite de 2020 à cette pratique, propageant des allégations de fraude infondées. Un précédent décret, exigeant une preuve documentaire de citoyenneté pour l'inscription électorale, a déjà été suspendu par des juges fédéraux, qui rappellent que la Constitution confie aux États et au Congrès le pouvoir de fixer les modalités de vote, non au président.
Après la signature du décret en mars, démocrates et associations de défense des droits civiques ont multiplié les recours. La Cour suprême avait cassé une première suspension, jugeant les poursuites prématurées. Mais la réglementation de l'USPS ayant été publiée, les plaignants ont redéposé leurs plaintes, et la juge Talwani a de nouveau tranché en faveur de la protection du droit de vote.
Un répit pour la démocratie américaine
Cette décision est une victoire pour les défenseurs du droit de vote. Elle rappelle que la démocratie ne se protège pas par des décrets autoritaires, mais par des institutions fortes et des juges indépendants. Le peuple américain, comme tous les peuples, doit pouvoir choisir ses représentants librement, sans entraves artificielles.
La Maison-Blanche n'a pas répondu aux demandes de commentaires. L'administration dispose de peu de temps pour renverser cette décision avant que les millions de bulletins ne soient en circulation. Le combat continue, mais la justice a choisi son camp : celui des citoyens.