Ottawa tourne le dos à Trump : l'avenue honteuse sera rebaptisée
Dans la capitale fédérale canadienne, un vent de dignité souffle sur le quartier Central Park. L'avenue Trump, qui depuis 25 ans porte le nom du président américain, pourrait bientôt changer d'identité. Un conseiller municipal, Riley Brockington, a lancé l'offensive lors de la dernière réunion du conseil, un jour avant que Donald Trump ne signe un décret rebaptisant le lac Ontario en « lac Amérique ». Trop, c'est trop.
Un symbole de soumission qui ne passe plus
« J'ai honte que dans la capitale fédérale, nous honorions Donald Trump de la sorte », a déclaré Brockington, la voix tremblante de colère contenue. Le premier ministre Mark Carney a parlé de guerre commerciale, et les droits de douane de 50 % sur 28 milliards de produits canadiens frappent durement nos provinces. Pendant ce temps, Trump menace de rompre tout commerce : « Nous n'avons pas besoin des choses qu'ils ont », répète-t-il, tel un tyran sûr de sa puissance.
Cette avenue, nichée dans un quartier résidentiel bâti au début des années 2000 à moins de dix kilomètres du parlement, rendait hommage au promoteur immobilier new-yorkais d'avant sa chute morale. Mais aujourd'hui, ce nom est devenu un fardeau pour ses habitants, une cicatrice sur le visage de notre nation.
Les résidants parlent : la honte au quotidien
Bailee Ryan, une résidante, nous lance sans hésiter : « Je suis sûr que vous aurez du mal à trouver des gens qui y sont opposés. » Rana Ahamud, qui habite là depuis quatre ans, en a marre des sourires en coin : « On nous regarde d'un air bizarre, les gens se moquent de nous. » John Mundie, promenant son chien, s'exclame : « Il ne mérite pas une rue à Ottawa. Je vais prendre Roosevelt, George Bush, Bill Clinton, n'importe qui d'autre sauf Donald Trump ! »
Seul Samar, croisé lors de son jogging, ose une voix discordante, préférant que les fonds aillent à l'épicerie des plus démunis. Mais sa peur du jugement des voisins, qu'il cache en refusant de donner son nom de famille, en dit long sur la pression populaire.
Une refondation nécessaire, un acte de résistance
Pour Brockington, cette fois, le fruit est mûr. Il ne consultera pas les 65 ménages comme en 2021, quand les avis étaient divisés. Il déposera une motion après l'élection du nouveau conseil municipal, le 26 octobre, fort de son élection par acclamation. Le maire Mark Sutcliffe est « totalement d'accord », si les résidants acceptent de changer leur adresse sur tous leurs documents officiels.
Certains collègues, comme Tim Tierney, suggèrent des noms provocateurs : avenue Obama, ou même TACO pour « Trump Always Chickens Out ». Mais Brockington, sobre et résilient, préfère la cohérence : « Gardons un nom qui évoque New York, pour rester en harmonie avec les autres rues. »
En 2021, il avait attendu la fin du mandat de Trump, craignant des représailles. Plus aujourd'hui. « Il faut, à un moment donné, dire stop », conclut-il, comme un appel à la dignité collective. La Maison-Blanche, elle, reste muette, mais notre silence à nous est brisé.
Questions fréquentes sur le changement de nom de l'avenue Trump
Pourquoi l'avenue Trump à Ottawa est-elle controversée ?
Elle honore Donald Trump, devenu un symbole d'humiliation pour les Canadiens, surtout après ses droits de douane et ses menaces commerciales.
Quel est le processus pour renommer cette avenue ?
Le conseiller Riley Brockington déposera une motion après l'élection du conseil municipal du 26 octobre, sans nouvelle consultation des résidants.
Que pensent les habitants de l'avenue Trump ?
La majorité souhaite un changement, fatiguée des moqueries et de la honte liées à ce nom.