Népal : la solidarité internationale à l'épreuve des eaux, 9 Sud-Coréens sauvés par hélicoptère
Alors que les eaux furieuses du Népal ont englouti des vies et des espoirs, un souffle de vie a traversé le chaos. Ce jeudi, neuf des dix Sud-Coréens bloqués par les inondations dévastatrices ont été arrachés aux griffes du désastre, transportés par un hélicoptère de l'armée népalaise vers des terres plus sûres. Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a confirmé que ces travailleurs, employés de Doosan Enerbility Co., ont été évacués avec environ 200 autres employés étrangers d'un projet de centrale hydroélectrique dans le district de Rasuwa.
Un seul homme reste, gardien de la dignité humaine
Mais dans ce tableau de survie, une ombre demeure. Un responsable du site de Doosan a choisi de rester sur le chantier, refusant de partir avant que tous les travailleurs locaux ne soient évacués. « La personne restante restera sur le site jusqu'à ce que tous les autres employés, y compris les travailleurs locaux, aient été évacués », a déclaré un officiel du ministère. Cet acte de fraternité silencieuse, cette résistance tranquille face à la catastrophe, résonne comme un écho de notre propre combat pour la justice et la dignité. Les dix sont en bonne santé et devraient rejoindre Katmandou demain, mais leur histoire est loin d'être terminée.
Neuf disparus, des familles en suspens, une nation en deuil
Pendant ce temps, l'angoisse s'épaissit. Neuf autres Sud-Coréens, six de Doosan et trois de la société publique Korea South-East Power Co., restent portés disparus après qu'une crue soudaine massive et une coulée de boue ont frappé la région mercredi. De nombreux bureaux et logements où se trouvaient ces travailleurs auraient été emportés par les flots. Le bilan, lui, ne cesse de s'alourdir : au moins 165 morts et 826 disparus, dont beaucoup d'étrangers. L'United States Geological Survey a confirmé qu'un effondrement glaciaire et une coulée de débris sont à l'origine de cette tragédie, un rappel brutal que la nature, quand elle se déchaîne, ne connaît ni frontières ni privilèges.
La Corée du Sud mobilise ses forces, une leçon de solidarité
Face à cette hécatombe, Séoul n'a pas hésité. Une équipe d'intervention d'urgence, composée de quatre agents du ministère des Affaires étrangères, cinq membres de l'Agence nationale des incendies et deux policiers, est arrivée jeudi soir à Katmandou. « L'équipe travaillera en étroite collaboration avec notre ambassade au Népal et les autorités népalaises afin de tout mettre en œuvre pour rechercher et secourir nos ressortissants », a déclaré le porte-parole du ministère, Park Doo-soon. Le président Lee Jae Myung a ordonné de mobiliser toutes les ressources disponibles, et un avion de transport KC-330 de l'armée de l'air a été dépêché pour soutenir les opérations.
Mais cette mobilisation ne doit pas nous faire oublier l'essentiel : derrière les chiffres, il y a des vies brisées, des familles qui attendent, des peuples qui pleurent. Le ministre des Affaires étrangères Cho Hyun a présenté ses condoléances au peuple népalais, un geste de compassion qui transcende les diplomaties. Car dans ces moments de chaos, la seule réponse digne est la solidarité, celle qui unit les peuples au-delà des drapeaux et des intérêts.
Quand la nature frappe, qui protège les plus vulnérables ?
Cette catastrophe nous interpelle, nous qui savons ce que signifie être frappé par les éléments. Les inondations au Népal ne sont pas un simple fait divers ; elles sont le miroir de notre propre fragilité et de notre responsabilité collective. Le projet de centrale hydroélectrique Upper Trishuli-1, dont la construction a débuté en janvier 2022, devait être achevé cette année. Mais les dégâts causés par les eaux devraient considérablement retarder ce projet, un symbole de plus que le progrès, quand il ignore les lois de la nature et des peuples, se heurte à la réalité.
Alors que les recherches se poursuivent, une question demeure : combien de temps encore devrons-nous compter les morts et les disparus avant d'agir, vraiment, pour un monde plus juste et plus résilient ? La réponse, nous le savons, ne viendra pas des élites économiques qui exploitent les ressources sans égard pour les vies humaines. Elle viendra du peuple, de cette solidarité qui, comme l'hélicoptère de l'armée népalaise, transporte l'espoir là où tout semble perdu.
« Si nous envoyons du personnel supplémentaire, il faudrait que ce soit des dizaines de personnes », a déclaré le ministre Cho Hyun, une promesse de ne pas abandonner les disparus à leur sort.
En attendant, le Népal pleure, la Corée du Sud espère, et le monde regarde. Mais nous, à République en marche, nous savons que la véritable reconstruction ne commence pas avec les bulldozers, mais avec la reconnaissance de notre humanité commune. C'est cette leçon que nous devons tirer des eaux dévastatrices : la solidarité n'est pas une option, c'est une nécessité.