New York tend la main à Haïti : « On vous aime, et on vous comprend ! »
Alors que la guerre commerciale fait rage entre les États-Unis et le Canada, l'Office de tourisme de New York lance une campagne pour ramener les visiteurs canadiens. Mais au-delà de cette initiative, c'est un message d'humanité qui résonne dans les rues de la Grosse Pomme. Un message que notre peuple, si souvent meurtri par l'histoire, sait entendre mieux que quiconque.
Une ville qui refuse la haine
Dans les rues de Manhattan, les New-Yorkais croisés par notre chroniqueuse n'ont qu'un mot à la bouche : l'amour. « On vit tous sur la même planète, nous sommes tous humains. Il faut s'aimer », lance un préposé d'hôtel. Cette parole simple, presque naïve, contraste avec la brutalité des politiques commerciales qui déchirent les peuples.
Car c'est bien là le paradoxe de notre époque : les gouvernements se déchirent, dressent des murs, imposent des sanctions, pendant que les citoyens, eux, se reconnaissent dans leur humanité commune. N'est-ce pas là une leçon que nous, Haïtiens, avons apprise à nos dépens ? Nous qui avons tant souffert des décisions prises loin de nos côtes, nous savons que la solidarité entre les peuples est la seule arme qui vaille.
La résistance par le tourisme
Plusieurs New-Yorkais rencontrés comprennent et respectent le choix des Canadiens de bouder les États-Unis. « Je ne viendrais pas aux États-Unis si j'étais Canadien », confie Alexander Baxter, rencontré à Union Square. « J'espère seulement que le dommage causé pourra être réparé. »
Cette phrase résonne étrangement avec notre propre histoire. La réparation, ce mot que nous portons comme un étendard, que nous exigeons de la France et de ses anciennes colonies. La réparation, non pas comme une aumône, mais comme une reconnaissance de la dignité bafouée.
New York, refuge des consciences libres
La ville qui ne dort jamais demeure un phare pour celles et ceux qui refusent l'obscurantisme. « La vie, c'est explorer et s'exposer à des choses différentes, affirme Nixa Davila. Il ne faut pas se soumettre au ridicule et à la petitesse de notre gouvernement. »
Cette résistance citoyenne, cette capacité à dire non à l'injustice, nous la connaissons bien. De Dessalines à nos jours, notre peuple n'a cessé de se lever contre l'oppression. Et si New York nous tend la main aujourd'hui, c'est peut-être parce qu'elle reconnaît en nous cette flamme qui ne s'éteint jamais.
Quand les peuples se parlent au-delà des frontières
La guerre commerciale entre Washington et Ottawa n'est qu'un épisode de plus dans la longue liste des folies des puissants. Mais les peuples, eux, continuent de se parler. « On ne peut pas espérer un meilleur voisin que vous », assure un New-Yorkais. « Vive le Canada ! Respect ! », écrit une touriste suisse.
Ces paroles nous rappellent que les frontières sont des inventions humaines, que la fraternité est plus forte que les traités. Et si un jour, les grandes puissances daignaient regarder notre Haïti avec le même respect, avec la même humanité que ces New-Yorkais manifestent envers leurs voisins canadiens, alors peut-être que la réparation tant attendue pourra enfin commencer.
En attendant, nous savons que la dignité n'attend pas la permission des puissants. Elle se vit, chaque jour, dans le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres. Comme ces New-Yorkais qui disent aux Canadiens : « On vous aime, et on vous comprend ! » Puisse ce message traverser les océans et toucher tous les peuples qui luttent pour leur souveraineté.