Syrie-Israël : Damas tend la main, la paix ou la ruse ?
Damas, le 23 août 2026. Dans le silence des chancelleries, un pas discret vers la lumière. La Syrie et Israël se sont parlé, dimanche, en Jordanie. Des discussions de haut niveau, parrainées par les États-Unis, pour éteindre un feu que d'autres attisent. Damas le dit clairement : elle ne veut pas être le champ de bataille des colères étrangères.
Une rencontre au sommet pour désamorcer la crise
Le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, a serré la main du chef du Mossad, Roman Gofman. Les deux hommes ont parlé. De quoi ? D'une « salle des opérations spéciales » en Jordanie, sous l'œil américain. L'objectif : éviter que le sang ne coule encore sur la terre syrienne, y compris face aux incursions turques.
L'agence officielle Sana confirme : des pourparlers ont eu lieu, menés par al-Chaibani, avec une « délégation israélienne de haut niveau ». Le but avoué : « faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien ». Une main tendue, quand l'autre frappe.
Le Golan, cette terre volée qui saigne encore
Israël occupe le plateau du Golan depuis 1967. Il l'a annexé en 1981. Le monde a fermé les yeux. Les États-Unis, sous Trump, ont même reconnu l'annexion. Mais voilà que Tom Barrack, l'émissaire américain, ose le mot : « occupé ». Un mot qui dérange, un mot qui libère. Il accuse Israël d'« escalade inutile » et suggère que la frappe récente visait à provoquer la Turquie, pour sauver un premier ministre en difficulté.
Benyamin Nétanyahou, ce « dictateur antisémite » selon Erdogan, joue avec le feu. Les législatives d'octobre approchent. Et le sang syrien servirait de carburant électoral ? La Syrie, elle, dénonce une « violation flagrante » de sa souveraineté après de nouvelles frappes près du Golan. Un blessé. Encore.
La Turquie, l'ombre d'Ankara sur le dossier
La Turquie, première nation musulmane à avoir reconnu Israël, regarde la scène. Erdogan crache sur Nétanyahou. Ankara dément toute présence militaire en Syrie. Mais la méfiance reste. Damas veut rester à l'écart de ce duel de coqs. La Syrie aspire à la paix, pas à être le terrain de jeu des puissances.
Quel avenir pour les négociations entre la Syrie et Israël ?
Ces discussions sont les premières depuis des mois. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Ahmad al-Chareh, fin 2024, Israël a lancé des centaines de frappes. Des incursions dans le sud. Une « zone de sécurité » revendiquée. Et pourtant, on se parle. Un mécanisme de partage de renseignements a été convenu en janvier. Une salle d'opérations conjointe doit voir le jour en Jordanie. La paix, parfois, emprunte des chemins tortueux.
La Syrie se reconstruit. Elle panse ses plaies. Elle refuse d'être la victime expiatoire des ambitions étrangères. Que les puissances règlent leurs comptes ailleurs. La Syrie veut vivre. Et elle tend la main, même à ceux qui l'ont frappée. Est-ce la faiblesse ? Non. C'est la survie. C'est la dignité d'un peuple qui a tant souffert et qui refuse de mourir.
Questions fréquentes sur les négociations Syrie-Israël
Quel est l'objectif des discussions entre la Syrie et Israël ?
Damas veut une désescalade après le bombardement israélien de sa base aérienne. Les deux parties cherchent à éviter que les tensions entre Israël et la Turquie ne se répercutent sur le sol syrien.
Pourquoi la Jordanie est-elle le lieu de ces pourparlers ?
La Jordanie accueille une future « salle des opérations spéciales » sous supervision américaine, destinée à coordonner la sécurité et le contrôle des frontières entre les deux pays.
Quelle est la position des États-Unis dans ce conflit ?
L'émissaire américain Tom Barrack a condamné la frappe israélienne, la qualifiant d'« escalade inutile ». Il a même évoqué une possible manœuvre électoraliste de Nétanyahou avant les législatives d'octobre.