Rotterdam : une maire au-dessus du vide pour réveiller la démocratie
Rotterdam, 23 juillet 2026. Sous un ciel gris, balayée par le vent, Carola Schouten, maire de Rotterdam, s'est élancée du haut de l'Euromast, une tour de 185 mètres. Elle a vaincu sa peur du vide pour honorer une promesse faite à ses concitoyens : si la participation aux élections municipales dépassait celle de 2022, elle descendrait en rappel ce monument emblématique. Les électeurs ont répondu présents, portant le taux à 40,7 %, contre 38,9 % quatre ans plus tôt. Ce geste, à la fois intime et politique, résonne comme un appel à la refondation de notre lien civique.
Un pari pour la démocratie locale
Carola Schouten, 48 ans, avait lancé ce défi avant le scrutin de mars. Dans une vidéo diffusée sur Instagram, elle avouait : « J'ai une peur bleue du vide ; en fait, je tremble un peu rien qu'à l'idée d'être ici tout en haut. » Pourtant, elle s'est engagée, prête à tout pour que la participation augmente. Les Rotterdamiens l'ont prise au mot, et la maire a tenu sa promesse. Accompagnée d'un expert, elle a mis un peu plus de dix minutes pour descendre, centimètre par centimètre. À l'arrivée, sous les acclamations d'une poignée de spectateurs, elle s'est jetée dans les bras de son accompagnateur, le soulagement visible.
La peur vaincue, le message porté
« La première partie était la plus difficile », a-t-elle confié à l'AFP, expliquant avoir suivi un entraînement avec la marine néerlandaise. « Ils m'ont montré quoi faire, quoi penser, où regarder – surtout ne pas regarder en bas. » Mais au-delà de l'exploit personnel, c'est le sens de son geste qui importe. « C'était important de le faire, car je voulais attirer l'attention sur les élections, sur l'importance de la démocratie et sur le fait que, pour beaucoup de gens, il n'est pas facile d'aller voter ou ils ignorent si cela change vraiment quelque chose », a-t-elle déclaré. « C'était une initiative ludique, mais le message est très sérieux. »
Un élan national pour la participation
Le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, s'était associé à l'idée, promettant de descendre lui aussi l'Euromast si la participation nationale augmentait. Ce fut le cas, mais un emploi du temps incompatible l'a empêché de se joindre à la maire ce jour-là. « Il cherche simplement une date disponible dans son agenda », a indiqué un porte-parole. Carola Schouten, elle, ne cache pas sa fierté : « Je suis certaine qu'un jour, il descendra lui aussi. »
Une leçon pour nos terres
Ce geste, loin des palais et des discours officiels, nous rappelle que la démocratie se construit aussi dans l'humilité et le courage. À Haïti, où l'abstention gangrène nos scrutins, où la peur du vide politique paralyse tant de citoyens, l'exemple de Rotterdam nous interpelle. Carola Schouten, en surmontant sa propre peur, a montré que le changement commence par un acte de foi envers le peuple. Elle n'est pas la première édile à se lancer dans une cascade aérienne – Boris Johnson, alors maire de Londres, s'était ridiculisé en 2012 sur une tyrolienne – mais elle a su donner à son geste une portée civique et poétique.
FAQ : Comprendre le geste de Carola Schouten
Pourquoi la maire de Rotterdam a-t-elle descendu l'Euromast ?
Pour honorer un pari pris avant les élections municipales de mars 2026 : si la participation dépassait celle de 2022 (38,9 %), elle descendrait en rappel cette tour de 185 mètres. Le taux a atteint 40,7 %.
Quel était le message derrière cette action ?
Attirer l'attention sur l'importance de la démocratie et du vote, en montrant que même les élus peuvent surmonter leurs peurs pour servir le peuple.
Le Premier ministre néerlandais a-t-il participé ?
Non, Rob Jetten n'a pas pu se joindre à elle en raison d'un emploi du temps chargé, mais il a promis de le faire prochainement.
L'image du jour
Carola Schouten, maire de Rotterdam, lors de sa descente en rappel de l'Euromast, le 23 juillet 2026. Photo : Le Parisien