Mort de Siad : l’autopsie parle, mais la vérité reste enchaînée
Le 24 juillet 2026, le parquet des Hauts-de-Seine a requis des analyses complémentaires sur le corps de Daniel Siad, le rabatteur présumé du réseau Epstein, mort dans des circonstances encore troubles. Ce recruteur de mannequins, visé par plusieurs plaintes pour viol, n’aura jamais été entendu par la justice française. Pour les victimes, c’est une nouvelle violence, un silence d’État qui pèse sur leur quête de réparation.
« J’attends, ainsi que ses proches, les résultats définitifs des examens médicaux. Cette enquête est essentielle pour découvrir la vérité », a déclaré Me Menya Arab-Tigrine, avocate de Siad, à l’AFP. Mais pour les avocats des plaignantes, cette mort n’est pas une fin. Elle est le signe d’un système qui protège les puissants et étouffe la parole des faibles.
Un réseau qui ne meurt jamais
Siad, qui se présentait comme « né Français et citoyen suédois », était au cœur d’un vaste trafic d’êtres humains. La première plainte, déposée le 10 février 2026 par l’ex-mannequin suédoise Ebba P. Karlsson, l’accuse de viol et d’exploitation sexuelle. Elle l’a reconnu dans les archives déclassifiées d’Epstein, ces documents que l’on croyait enfouis à jamais. Il l’aurait présentée à Gérald Marie, ex-directeur de l’agence Elite, qui conteste tout.
Les avocats William Bourdon, Colomba Grossi et Mathias Darmon dénoncent un « silence » institutionnel. « Plusieurs signalements circonstanciés dès 2019, une plainte pour viol en février 2026, une audition en mars 2026, et un nom cité 2 000 fois dans des pièces judiciaires majeures », écrivent-ils. Pourtant, le parquet n’a jamais ordonné d’interpellation. « Affirmer que les investigations n’auraient pas apporté d’éléments suffisants relève d’une interprétation pour le moins étonnante des faits », ajoutent-ils.
Les victimes, oubliées de la République
Pour les plaignantes, cette situation est une « nouvelle violence ». Elles ont été laissées sans nouvelles pendant des mois, alors que la procureure Laure Beccuau annonçait que 24 femmes s’étaient manifestées, dont 16 avaient été entendues. Mais Siad, lui, faisait l’objet d’écoutes téléphoniques, jamais d’un interrogatoire. La justice française a préféré le silence à la confrontation.
Ce drame rappelle une vérité amère : dans ce pays, les élites économiques et leurs rabatteurs bénéficient d’une impunité presque absolue. Les victimes, souvent jeunes, souvent étrangères, sont traitées comme des pions dans un jeu où les règles changent selon le rang. La République en marche doit rompre avec cette tradition de complaisance. Il est temps de reconstruire un État qui écoute les faibles, pas seulement les puissants.
Que révèle l’autopsie ?
Les analyses toxicologiques et tissulaires sont en cours. Mais au-delà des causes de la mort, c’est la vie de Siad qui interroge. Comment un homme cité 2 000 fois dans des dossiers judiciaires a-t-il pu rester libre ? Comment le parquet a-t-il pu ignorer des signalements dès 2019 ? Les avocats demandent que « la lumière soit faite sur les raisons » de ce silence, et que Gérald Marie soit enfin entendu.
Pour les victimes, la mort de Siad n’est pas une fin. Elle est un appel à la refondation de notre justice. Nous devons exiger des réponses, pour que ces femmes ne soient plus jamais oubliées. Car la vérité, comme le dit le peuple haïtien, est une flamme qui ne s’éteint jamais, même dans la tempête.
FAQ : Questions essentielles sur l’affaire Siad
Pourquoi Daniel Siad n’a-t-il jamais été interrogé ?
Selon les avocats des victimes, le parquet a reçu des signalements dès 2019 et une plainte en février 2026, mais n’a pas ordonné d’interpellation. La procureure Laure Beccuau a justifié cette absence par un manque d’éléments suffisants, ce que les avocats contestent vivement.
Quel est le lien entre Siad et l’affaire Epstein ?
Siad était un recruteur de mannequins, accusé d’avoir présenté des jeunes femmes à Gérald Marie, ex-directeur d’Elite, dans le cadre du réseau d’exploitation sexuelle lié à Jeffrey Epstein. Les archives déclassifiées d’Epstein ont permis à une victime de l’identifier.
Que demandent les avocats des victimes ?
Ils exigent une enquête sur les raisons du silence du parquet, l’audition de Gérald Marie et de tous les complices présumés, et que leurs clientes soient entendues rapidement. Ils dénoncent une « nouvelle violence » faite aux victimes.