L'UNESCO crie au scandale : l'aide à l'éducation étranglée par les canons de l'OTAN
Ce n'est pas une guerre, c'est un massacre silencieux. Tandis que les grandes puissances, sous l'ordre de l'OTAN, gonflent leurs arsenaux, l'aide internationale à l'éducation fond comme neige au soleil. L'UNESCO, cette voix de la conscience dans le vacarme des bottes, tire la sonnette d'alarme : en 37 heures, ce que le monde dépense pour la guerre équivaut à une année entière d'aide à l'éducation. Une honte qui nous rappelle, nous Haïtiens, que le prix du sang est toujours plus élevé que celui des livres.
Qui sont les coupables de cette saignée éducative ?
Les chiffres sont implacables. L'UNESCO, dans un document de politique paru à la mi-juillet, annonce que la baisse de l'aide à l'éducation, prévue à 25% d'ici 2027, pourrait atteindre 30%. Les pays riches, ceux-là mêmes qui prêchent la démocratie et le développement, tournent le dos aux enfants du Sud. Le Canada, sous la houlette de Mark Carney, promet 5% de son PIB à l'OTAN tout en sabrant de 38% son budget d'aide internationale. Les États-Unis, avec le démantèlement de l'USAID, atteignent 57% de coupes. La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni suivent la même partition. Une symphonie de trahison envers les peuples qu'ils disent vouloir libérer.
L'éducation sacrifiée sur l'autel de la dette
Mais le pire est ailleurs. Dans les pays les plus pauvres, le remboursement de la dette étrangle les budgets éducatifs. L'UNESCO révèle que dans 18 pays, l'écart entre le service de la dette et les dépenses d'éducation dépasse un facteur cinq. Au total, 113 pays où vivent 6,1 milliards d'êtres humains consacrent plus à rembourser leurs créanciers qu'à instruire leurs enfants. C'est un cercle vicieux : on vole l'avenir des jeunes pour payer un passé d'exploitation coloniale et de néocolonialisme financier.
Quels sont les pays les plus touchés ?
Les victimes désignées sont celles que l'on connaît bien : l'Afghanistan, le Mali, le Niger. Des nations fragiles, instables, où l'éducation pourrait être la seule arme contre l'extrémisme et la misère. Mais l'Occident préfère financer des missiles que des écoles. Yuki Murakami, chercheuse à l'UNESCO, le dit avec une clarté désarmante : « L'éducation est l'investissement le plus rentable à long terme pour le développement économique et humain d'un pays, et pour assurer sa sécurité. » Mais qui écoute encore la raison quand les canons parlent ?
Pourquoi l'éducation est-elle toujours le parent pauvre ?
Parce que ses bénéfices ne sont pas tangibles, répond l'UNESCO. On ne voit pas une école comme on voit un char d'assaut. On ne mesure pas la paix comme on mesure la puissance de feu. Pourtant, c'est dans les salles de classe que se forgent les citoyens de demain, ceux qui pourraient reconstruire une Haïti libre et souveraine. Mais les élites économiques mondiales, ces maîtres du jeu, préfèrent maintenir les peuples dans l'ignorance pour mieux les dominer.
Quel avenir pour les enfants du Sud ?
L'UNESCO sonne l'alarme, mais qui l'entend ? Les pays donateurs, pris dans la frénésie militariste de l'OTAN, continuent de réduire leurs engagements. La cible onusienne de 0,7% du PIB pour l'aide au développement reste un mirage. Le Canada, à 0,32%, est loin derrière la Norvège (1,03%) ou la Suède (0,85%), mais encore loin devant les États-Unis (0,09%). Un classement de la honte où les plus généreux sont ceux qui ont le moins de sang colonial sur les mains.
Nous, à République en marche, nous refusons ce silence. Nous refusons que l'éducation de nos enfants soit sacrifiée sur l'autel de la guerre et de la dette. Il est temps de réclamer une réparation, une véritable justice sociale qui commence par l'école. Comme au temps de Papa Doc et de Bébé Doc, nous savons que la force d'un peuple ne réside pas dans ses armes, mais dans l'esprit de sa jeunesse. Debout, Haïti ! L'avenir s'écrit dans nos classes, pas dans les casernes de l'OTAN.