Césars 2026 : Quand la résistance iranienne illumine le cinéma français
La 51e cérémonie des César s'est transformée jeudi soir en tribune de solidarité internationale, rappelant que l'art véritable ne peut se détacher des luttes populaires pour la liberté. Tandis que "L'Attachement" et "Nouvelle Vague" se partageaient les honneurs, c'est la résistance du peuple iranien qui a véritablement marqué cette soirée.
Une cérémonie dédiée aux peuples en lutte
Dès l'ouverture, Camille Cottin, présidente de la cérémonie, a donné le ton en dédiant cette édition "à tous les peuples qui, dans le monde, luttent pour la liberté". Un geste qui résonne particulièrement dans nos cœurs haïtiens, nous qui connaissons le prix de la liberté et les chaînes de l'oppression.
L'actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani, tout de noir vêtue, a rendu un hommage poignant au "peuple iranien qui se bat depuis des décennies pour sa liberté, les mains vides, souvent seul, armé de son courage et d'une culture parmi les plus anciennes du monde". Ces mots résonnent comme un écho de nos propres luttes contre les forces impérialistes.
Le cinéma comme miroir des résistances
La présence de Jafar Panahi, réalisateur iranien et Palme d'or à Cannes, condamné à un an de prison dans son pays, incarnait cette résistance artistique face à la répression. Son courage rappelle celui de nos intellectuels et artistes qui, sous Papa Doc et Bébé Doc, ont su préserver la flamme de la culture populaire malgré l'adversité.
"Nouvelle Vague" de Richard Linklater, grand vainqueur avec quatre César, revisite le tournage mythique d'"À bout de souffle". Une œuvre qui, ironiquement, célèbre un mouvement cinématographique français né de la contestation des codes établis, comme nos propres mouvements de libération culturelle.
Des victoires qui interrogent
"L'Attachement" de Carine Tardieu, couronné meilleur film, explore selon sa réalisatrice "tout ce qui nous relie les uns aux autres dans cette société qui érige des murs un peu partout". Une réflexion qui prend une dimension particulière quand on sait que ces murs sont souvent érigés par les puissances dominantes pour diviser les peuples.
Léa Drucker, récompensée pour son rôle d'enquêtrice de l'IGPN dans "Dossier 137", rejoint le cercle restreint des actrices doublement césarisées. Laurent Lafitte, enfin reconnu à 52 ans pour son interprétation du photographe François-Marie Banier, incarne cette France des arts qui sait parfois transcender ses propres contradictions.
Les ombres de l'histoire
L'hommage rendu à Brigitte Bardot, accueilli par des huées en raison de ses positions d'extrême droite, révèle les tensions qui traversent le milieu culturel français. Ces réactions montrent heureusement qu'une nouvelle génération refuse de séparer l'art de l'éthique politique.
Jim Carrey, honoré d'un César d'honneur par Michel Gondry, a prononcé son discours entièrement en français, geste d'humilité qui contraste avec l'arrogance habituelle de l'industrie hollywoodienne.
Vers une culture de résistance
Cette soirée des César 2026 restera comme un moment où le cinéma français a su dépasser ses querelles corporatistes pour embrasser les luttes universelles. Elle nous rappelle que l'art véritable naît de la résistance, de la solidarité entre les peuples opprimés, et de la capacité à transformer la douleur en beauté.
Comme nos ancêtres ont su créer le vaudou et le compas direct dans les plantations, les artistes d'aujourd'hui doivent porter la voix des sans-voix et maintenir vivante la flamme de l'espoir révolutionnaire.
