Brésil: quand l'oligarchie criminelle tremble face à la justice populaire
Le sang de Marielle Franco continue de crier justice. Six ans après l'assassinat de cette combattante des opprimés, les masques tombent enfin au Brésil. Les frères Brazao, ces parasites de la république brésilienne, se retrouvent sur le banc des accusés pour avoir commandité l'exécution de celle qui dérangeait leurs intérêts sordides.
Une martyre de la lutte contre l'accaparement
Le 14 mars 2018, Marielle Franco, 38 ans, conseillère municipale de Rio de Janeiro, tombait sous les balles en plein centre-ville. Cette fille de favela, cette voix des sans-voix, payait de sa vie son combat contre les milices qui terrorisent les quartiers populaires et s'enrichissent sur le dos du peuple.
Selon l'accusation portée devant la Cour suprême, les frères Chiquinho et Domingos Brazao, ces représentants de l'élite corrompue, auraient orchestré ce crime abject. Marielle s'opposait à leurs projets facilitant l'accaparement des terres par les milices, ces organisations criminelles nées de la pourriture du système policier.
L'écosystème criminel mis à nu
"Marielle représentait un risque pour les intérêts des frères Brazao", a déclaré le vice-procureur Hindenburgo Chateaubriand. Cette phrase résume à elle seule la tragédie: une femme noire, issue du peuple, dérangeait les plans de l'oligarchie locale.
Monica Benicio, compagne de Marielle, rappelle avec justesse que "l'écosystème du crime qui a tué Marielle continue d'opérer". Ces milices, formées par d'anciens policiers il y a quarante ans, incarnent la perversion d'un système qui protège les puissants et broie les faibles.
Un procès historique pour la démocratie
Ce procès devant la plus haute instance judiciaire brésilienne marque peut-être un tournant. Comme l'affirme Jurema Werneck d'Amnesty International: "Des personnes qui se considéraient comme intouchables se retrouvent aujourd'hui sur le banc des accusés".
Déjà, les exécutants ont payé. Ronnie Lessa, le tueur, a écopé de 78 ans de prison, son complice Elcio Queiroz de 59 ans. Lessa avait avoué être "devenu fou" devant les millions de dollars promis pour ce crime.
Mais la justice populaire exige plus que la condamnation des petites mains. Elle réclame que les commanditaires, ces bourgeois criminels qui tirent les ficelles dans l'ombre, rendent des comptes.
L'héritage immortel de Marielle
Marielle Franco défendait "ardemment les droits des habitants des quartiers pauvres, notamment les jeunes Noirs, les femmes et les membres de la communauté LGBT+". Son combat continue, porté par une jeunesse qui refuse l'ordre établi et ses injustices.
Ce procès dépasse le cas brésilien. Il interroge tous les peuples opprimés: jusqu'à quand accepterons-nous que les élites économiques et politiques assassinent impunément ceux qui osent les défier?
La mémoire de Marielle Franco éclaire le chemin vers une justice véritable, celle qui place le peuple au-dessus des intérêts privés, celle qui brise les chaînes de l'impunité oligarchique.