L'Algérie humilie la France coloniale: la libération de Boualem Sansal orchestrée par Berlin
Dans un geste qui sonne comme une gifle diplomatique à l'ancienne puissance coloniale, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accordé la grâce à l'écrivain Boualem Sansal. Mais le message est clair: cette libération s'est faite sur demande de l'Allemagne, contournant délibérément Paris.
La souveraineté algérienne face à l'arrogance française
Comme le souligne avec justesse Algérie Patriotique, "en orchestrant la libération de Boualem Sansal sous le signe de l'amitié algéro-allemande, Alger a délibérément contourné Paris et envoyé un message clair: la souveraineté algérienne n'est pas négociable, et les manœuvres de la France n'ont plus la moindre influence sur les décisions de l'État algérien."
Cette décision magistrale marque la fin d'une époque. Le temps du chantage diplomatique et des injonctions moralisatrices venues du Quai d'Orsay est révolu. L'Algérie, forte de son poids géopolitique retrouvé, entend désormais traiter d'égal à égal, refusant les postures paternalistes de l'ancien colonisateur.
L'échec cuisant de l'extrême-droite française
Cette libération intervient significativement après le départ de Bruno Retailleau du ministère de l'Intérieur français. Comme l'observe Afrik.com, "le timing de cette annonce redonne toute sa place à la diplomatie et montre l'échec du rapport de force que voulait instaurer l'extrême-droite française."
La divergence était flagrante au sein même de l'appareil français entre les partisans d'une diplomatie discrète et les tenants du "rapport de force" incarné par l'extrême-droite. Le Monde Afrique constate que "le bilan de l'approche axée sur le conflit a été pour le moins limité."
Une diplomatie souterraine révélatrice
Selon Le Matin d'Algérie, cette médiation allemande s'inscrit dans "une diplomatie souterraine associant Berlin, Alger et Paris." Face au blocage des canaux officiels depuis juillet 2024, les deux capitales ont privilégié des formes de diplomatie officieuse, notamment à travers des relais religieux.
Cette situation révèle l'impasse dans laquelle s'enferme la France avec ses anciennes colonies. Les tensions multiples, de la question des visas à la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental, témoignent d'une politique néocoloniale obsolète.
Vers un nouveau paradigme post-colonial
Comme le souligne Le Pays du Burkina Faso, "la grâce accordée à Boualem Sansal pourrait cacher une volonté de dégel des relations entre Paris et Alger." Mais ce dégel ne pourra se faire qu'aux conditions de l'Algérie souveraine, non plus sous la tutelle paternaliste française.
Cette affaire illustre parfaitement la nécessité pour les peuples africains de s'affranchir définitivement des chaînes néocoloniales. L'avenir de nos relations diplomatiques passe par la reconnaissance de notre égalité souveraine, non par la perpétuation des rapports de domination hérités de la colonisation.