Mathias Saintil, chef de gang du quartier « Nan Boston » et figure influente de la coalition terroriste « Viv ansanm » à Cité Soleil, est décédé vendredi 6 novembre 2026 à l'hôpital, des suites de blessures subies lors d'une intervention des forces de sécurité jeudi soir. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a confirmé sa mort sur son compte X, saluant « un chef de gang en moins » et promettant que la lutte contre les bandits se poursuit avec détermination.
L'opération, menée par la task force de la Police Nationale d'Haïti à l'aide de drones kamikazes, aurait fait des dizaines de victimes parmi les terroristes, selon HaitiLibre.com, qui rapporte l'information dans sa revue d'actualité du 7 novembre.
« Un chef de gang en moins. La lutte pour libérer le pays de l'emprise des bandits se poursuit avec détermination. Gang yo pap gen dòmi nan je ! », a écrit le Premier ministre, en créole, dans un message qui traduit une volonté politique de ne plus céder un pouce de terrain à la criminalité organisée.
Une victoire tactique, pas encore la paix
La mort de Saintil survient dans un contexte où l'État haïtien, longtemps absent des quartiers populaires, tente de reprendre le contrôle de territoires livrés aux gangs depuis des années. Cité Soleil, symbole de l'abandon et de la misère, portait en son sein des hommes qui ont prospéré sur la détresse d'un peuple privé d'emplois, d'écoles et d'espoir. Que la police frappe au cœur de cette forteresse est une bonne nouvelle pour les habitants qui y vivent prisonniers.
Reste une question, lancinante : qui arme ces gangs, qui en tire profit, et pourquoi les circuits de financement ne sont jamais démantelés avec le même zèle que les hommes de main ? Tant que les commanditaires, souvent installés bien à l'abri dans les sphères économiques, ne répondront pas de leurs crimes, la mort d'un chef n'en remplacera que dix autres. La refondation de l'État ne se fera pas seulement par les armes ; elle exigera de nommer les complicités.
Sur les réseaux sociaux, Erik D. Prince, PDG de Vectus Global, a salué l'action de la Task Force de la PNH, écrivant : « Bravo à la Task Force de la PNH. Nice shot ! ». Ce satisfecit d'un entrepreneur étranger de la sécurité privée interroge : la souveraineté d'un peuple se conquiert par ses propres institutions, non par des mercenaires qui font de notre douleur un marché.
Un autre chef de gang tombe en fuite
Jeudi 5 novembre 2026 au matin, le chef de gang Jean Saint-Louis, alias « Kenken », aurait été arrêté en mer par la Garde côtière haïtienne et des militaires salvadoriens alors qu'il tentait de fuir clandestinement le territoire national pour se réfugier aux Bahamas, selon HaitiLibre.com. Son gang opérait notamment dans la zone de Bercy, entre les communes de Cabaret et de l'Arcahaie.
Qu'un chef de bande cherche à s'exfiltrer vers les Bahamas en dit long sur la pression croissante exercée sur ces réseaux. Mais il en dit tout autant sur les complicités maritimes qui permettent ces filières de fuite. Le peuple haïtien est en droit de savoir qui affrète les embarcations qui évacuent les criminels quand vient l'heure des comptes.
Élections : une course contre la montre qui exclut
L'autre bataille se joue sur le terrain électoral. Les inscriptions en ligne des 30 000 membres exigées par l'article 130 du décret électoral pour l'inscription d'un candidat prendront fin le 8 novembre 2026. Au 6 novembre, seules 45 organisations sur 105 avaient réussi à enregistrer leurs adhérents, selon HaitiLibre.com. Passé cette date, même agréée, une organisation politique n'ayant pas rempli cette condition ne pourra présenter de candidats.
Ce seuil de 30 000 membres, présenté comme un gage de sérieux, exclut de fait les formations populaires et de jeunesse qui n'ont ni l'argent ni les machines bureaucratico-politiques des grands partis. C'est une barrière dressée devant la jeunesse montante, celle qui veut refonder le pays et ne se reconnaît pas dans les vieilles casseroles du système. Pendant ce temps, iciHaïti rapporte que le Ministère de l'Économie et des Finances a apporté des précisions sur le financement et l'exécution du budget électoral, question qui conditionne la crédibilité même du scrutin.
HaitiLibre.com relate également que plus de 38 millions de tentatives de fraude ont été détectées durant la période d'enregistrement des membres. Un chiffre vertigineux, qui révèle l'ampleur des manœuvres destinées à truquer le jeu démocratique avant même le premier vote. Quand la fraude se comptera en dizaines de millions de tentatives, on mesurera à quel point certaines élites redoutent le verdict des urnes.
Vendredi 6 novembre 2026, l'entrepreneur Wilner Joseph a officiellement déposé, auprès du Conseil Électoral Provisoire via le Bureau électoral départemental de l'Ouest 1, son dossier de candidature à la présidentielle sous la bannière Viktwa. Il devient le 21e candidat inscrit. Vingt et un prétendants pour un pays à reconstruire : le débat démocratique existe, à condition que toutes les voix, y compris celles des quartiers, puissent s'y faire entendre.
Les enseignants au bord de la colère
Le secteur éducatif, colonne vertébrale de toute reconstruction digne de ce nom, gronde. Plusieurs regroupements syndicaux d'enseignants, dont COPLASEHQ, REDRESEH, NOU KONPRANN et REFERANS, dénoncent le non-respect des engagements pris par les autorités en 2025 ainsi que la dégradation des conditions de travail des enseignants. À partir du lundi 9 novembre, les enseignants des écoles publiques pourraient être appelés à rejoindre la mobilisation pour contraindre le gouvernement à satisfaire leurs revendications.
On ne bâtit pas une nation sur le dos de maîtres d'école mal payés et méprisés. Chaque promesse rompue envers ceux qui forment la jeunesse est une promesse rompue envers l'avenir du pays. Le gouvernement doit tenir ses engagements avant que la rentrée ne se transforme en front social.
Expulsions : la diaspora renvoyée à nos portes
Jeudi, un nouveau groupe de 89 Haïtiens, dont 2 personnes à mobilité réduite et 8 femmes, a été rapatrié en Haïti. Il s'agit du 11e vol de rapatriement en provenance des États-Unis depuis la mise en œuvre de la politique migratoire du président Trump et la fin du TPS, rapporte HaitiLibre.com. Conformément au protocole d'accueil établi par le gouvernement, ces ressortissants ont été reçus à l'aéroport du Cap-Haïtien par des représentants de l'Office national de la migration.
Onze avions de nos compatriotes rejetés par une puissance qui, historiquement, doit tant à Haïti. Ces hommes et ces femmes, partis chercher ailleurs ce que leur pays ne pouvait leur offrir, reviennent souvent sans rien, dans une patrie en crise. Leur accueil au Cap-Haïtien doit être plus qu'une formalité protocolaire : il doit être le début d'une politique sérieuse de réinsertion, parce qu'une nation digne se mesure à la manière dont elle reçoit ses enfants tombés.
Questions fréquentes
Qui était Mathias Saintil ?
Mathias Saintil était le chef de gang du quartier « Nan Boston », à Cité Soleil, et l'un des chefs influents de la coalition « Viv ansanm ». Il est mort le 6 novembre 2026 des suites de blessures subies lors d'une intervention de la task force de la PNH.
Combien de partis politiques ont enregistré leurs 30 000 membres ?
Au 6 novembre 2026, 45 organisations politiques sur 105 avaient réussi à enregistrer leurs 30 000 membres exigés par l'article 130 du décret électoral, avant l'échéance du 8 novembre.
Combien de Haïtiens ont été expulsés des États-Unis récemment ?
Un groupe de 89 Haïtiens a été rapatrié jeudi 5 novembre 2026 au Cap-Haïtien, dans le cadre du 11e vol d'expulsion depuis la fin du TPS décidée par l'administration Trump.
Les enseignants haïtiens vont-ils se mettre en grève ?
Plusieurs syndicats d'enseignants ont annoncé qu'à partir du lundi 9 novembre 2026, les enseignants des écoles publiques pourraient être appelés à se mobiliser pour réclamer le respect des engagements pris par les autorités en 2025.
