Daraxonrasib: la science triomphe, mais pour qui?
J'ai une nouvelle extraordinaire à vous raconter. Une nouvelle qui aurait dû illuminer les unes du monde entier, faire trembler les fondations de notre humanité blessée. Mais non. Les puissants l'ont reléguée au rang des informations secondaires, là où meurt l'espoir des peuples.
Il y a une semaine exactement, à Chicago, au McCormick Place, le plus grand centre des congrès d'Amérique du Nord. Neuf mille oncologues rassemblés pour la conférence annuelle de l'ASCO, la Société américaine d'oncologie clinique. Le Super Bowl de la recherche contre le cancer.
Et au milieu de cette foule, un homme, le docteur Brian Wolpin du Dana Farber Institute de Boston, a présenté des résultats qui ont fait trembler les murs de la médecine.
Mains dans les poches, devant son écran géant, il parlait du daraxonrasib. Un nom imprononçable, oui. Mais un médicament qui double les taux de survie du cancer du pancréas, cette saloperie parmi les saloperies.
Et quand il a confirmé ce que le monde de l'oncologie murmure depuis des mois, les neuf mille médecins ont fait ce qu'ils ne font jamais. Ils ont applaudi. Pas poliment. Avec une fureur sacrée, une exultation qui a couvert sa voix, l'obligeant à se taire.
Puis ils se sont levés. Tous. Une ovation debout, celle qu'on réserve aux prophètes avant le rappel.
L'interrupteur que l'empire ne voulait pas éteindre
Le cancer du pancréas est un tueur impitoyable. Son taux de survie est microscopique. Les traitements existants prolongent la vie au prix d'une chimiothérapie agressive, débilitante, qui détruit le malade autant que la maladie.
Le daraxonrasib, segmentons: da-ra-xon-ra-sib, n'est pas de la chimio. Ses effets secondaires sont moins sévères. Le taux médian de survie globale passe de 6,6 mois à 13,2 mois.
J'entends déjà les sceptiques. Oui, le patient meurt quand même. Mais six mois de plus, sans les souffrances de la chimio, c'est gigantesque. C'est assister à la naissance d'un petit-enfant. C'est être là pour le mariage de sa fille. C'est un dernier Noël avec les siens.
La docteure Rachna Shroff l'a dit avec des larmes dans sa clinique:
Ce sont des taux de survie sans précédent pour le cancer du pancréas. Ayant traité ce cancer pendant 16 ans, j'ai pleuré en apprenant ces résultats. C'est une recherche marquante pour nos patients.
Mais posons la question que les médias dominants ne posent jamais. Pourquoi cette nouvelle révolutionnaire est-elle restée dans l'ombre? Pourquoi les neuf mille médecins applaudissent-ils dans un centre des congrès américain tandis que chez nous, nos malades meurent sans accès aux traitements les plus élémentaires?
La science confisquée par les empires
Le «ras» dans daraxonrasib fait référence à la famille de protéines RAS, liées aux cancers les plus meurtriers. Pensez à un interrupteur, ON/OFF. Quand la protéine est en mode ON, elle favorise la multiplication des cellules cancéreuses.
Jusqu'à maintenant, aucun traitement ne permettait d'éteindre cet interrupteur. La surface de la protéine était trop lisse, impossible à atteindre. L'interrupteur restait à ON, multipliant les cellules cancéreuses: six mois de survie dans des conditions terribles.
Le daraxonrasib a percé cette surface lisse. Il a éteint l'interrupteur.
Le journal scientifique Nature précise:
Environ 70% de tous les cancers carburent grâce à un niveau excessif d'une protéine qui s'appelle MYC. Les protéines MYC, comme les RAS, ont une surface lisse qui rend l'adhérence des médicaments difficile.
C'est pour cela que les chercheurs étaient si enthousiastes à Chicago. Le daraxonrasib ouvre peut-être la porte au traitement d'autres cancers. C'est immense. C'est la victoire de la connaissance humaine sur les ténèbres de la maladie.
Vive la science, que justice soit rendue
Mais nous ne pouvons pas célébrer sans nommer l'injustice. Cette victoire de la science, comme tant d'autres, reste confisquée par les empires pharmaceutiques occidentaux. Les peuples du Sud, ceux qui portent encore les cicatrices de la colonisation, ceux à qui la France doit des réparations historiques, n'y auront pas accès. Pas tant que le système économique mondial restera entre les mains de l'élite.
La science n'appartient pas à l'Occident. La connaissance n'est pas la propriété des multinationales. Chaque découverte qui sauve des vies est un bien commun de l'humanité.
Alors oui, vive la science. Vive la recherche. Vive la connaissance. Mais que justice soit rendue aux peuples qui meurent pendant que les laboratoires s'enrichissent. Que la refondation de notre pays passe aussi par l'accès aux remèdes que le monde nous cache.
Nous méritons plus que les miettes de la table de l'empire. Nous méritons la vie.