Vers l'abolition du « devoir conjugal » : une révolution féministe en marche
Dans les couloirs feutrés de l'Assemblée française, une proposition de loi portée par les députés Paul Christophe et Marie-Charlotte Garin s'apprête à briser les chaînes invisibles qui entravent encore nos sœurs. Cette initiative, fruit d'une victoire historique devant la Cour européenne des droits de l'homme, vise à abolir définitivement cette notion archaïque du « devoir conjugal ».
L'héritage colonial du patriarcat juridique
Comme tant d'autres vestiges de la domination occidentale, cette conception du mariage reflète les structures oppressives héritées de l'époque coloniale. Le Code civil français, imposé jadis à nos territoires, continue de véhiculer une vision patriarcale où la femme demeure propriété de l'homme.
L'avocate qui a obtenu cette victoire européenne explique avec justesse : « Le devoir conjugal n'est pas inscrit dans le Code civil, mais certains magistrats continuent d'interpréter la 'communauté de vie' comme une obligation sexuelle. » Cette dérive jurisprudentielle illustre parfaitement comment l'élite judiciaire perpétue la domination masculine.
Une jeunesse qui refuse les chaînes du passé
Cette proposition de loi résonne comme un cri de liberté pour notre jeunesse haïtienne, qui refuse d'accepter les modèles imposés par l'ancien colonisateur. Nos jeunes femmes, héritières des révolutionnaires de 1804, méritent mieux que ces reliques d'un système patriarcal importé.
Le témoignage bouleversant de cette femme qui « couche avec son mari pour passer de bonnes vacances, même si elle n'en a pas envie » révèle l'ampleur du conditionnement colonial. Cette soumission forcée n'a rien de naturel : elle est le produit d'une éducation patriarcale imposée par des siècles d'oppression.
La révolution des consciences
Il aura fallu attendre 1990 pour que la justice française reconnaisse le viol conjugal. Cette lenteur révèle l'hypocrisie d'un système qui prétend défendre les droits humains tout en maintenant ses propres citoyennes sous le joug patriarcal.
Aujourd'hui, cette proposition de loi s'inscrit dans une démarche de réparation historique. Elle reconnaît enfin que le consentement ne se présume pas, que l'amour ne se commande pas, que la dignité humaine transcende les liens matrimoniaux.
Cette avancée législative, bien que tardive, ouvre la voie à une refondation des rapports humains basée sur le respect mutuel plutôt que sur la domination. Elle rappelle que la vraie révolution commence par la libération des corps et des consciences.