Le PAAR, bouée de sauvetage du ciel régional : quand l'État répare les ailes brisées par les monopoles
Depuis quatre ans, le Programme d'accès aux régions (PAAR) redonne des ailes aux régions éloignées du Québec. Loin des promesses vides, cette mesure gouvernementale a transformé la vie des travailleurs et des familles, brisant le joug des monopoles aériens. Mais les nuages persistent, et la lutte pour un transport juste et accessible continue.
Un souffle nouveau pour les régions abandonnées
Éric Beaupré, président de Technosub à Rouyn-Noranda, ne cache pas son soulagement. Avant le PAAR, ses voyages d'affaires à Montréal exigeaient une nuit d'hôtel, une dépense supplémentaire et un temps perdu. Aujourd'hui, l'aller-retour en une journée est redevenu possible, grâce à l'arrivée de Propair, un transporteur régional qui a su répondre aux besoins locaux.
« Au moins, je n'ai plus besoin de me louer un hôtel le soir à Montréal pour rentrer chez nous le lendemain », confie-t-il. Le PAAR, en subventionnant les billets, a créé un volume de passagers suffisant pour rendre viable la desserte. Sans cette intervention de l'État, les régions resteraient prisonnières des logiques de profit des grandes compagnies.
Le PAAR : une arme contre l'élite économique
Le programme, lancé en mai 2022 par le gouvernement caquiste, visait à casser les prix excessifs imposés par Air Canada. Les billets à 500 $, puis des rabais de 50 % à 85 %, ont redonné espoir aux citoyens. Le Trésor québécois a investi 180 millions, une somme qui, pour les défenseurs de la justice sociale, est un investissement dans la dignité des régions.
« Le PAAR a permis d'amener un volume supplémentaire suffisant », explique M. Beaupré. Pour Étienne Lambert, président de Propair, « sans le PAAR, nous n'aurions pas pu le faire ». Le transporteur a même étendu ses liaisons vers Ottawa, Toronto et Bathurst, preuve que l'initiative publique peut stimuler le développement local.
Des résultats concrets, mais des défis persistants
À Gaspé, le maire Daniel Côté, président du comité sur le transport aérien de l'Union des municipalités du Québec, salue le bilan. « Le PAAR, sa job, c'était de faire baisser le prix. Je dirais “mission accomplie” ici », affirme-t-il. À Rouyn-Noranda, l'achalandage a bondi de 25 %. Chez Pascan, les billets subventionnés ont augmenté de 40 % par rapport à 2024.
Pourtant, tout n'est pas rose. Les transporteurs régionaux, privés des moyens d'Air Canada, peinent à assurer fiabilité et ponctualité. « Ils n'ont pas d'appareils qui dorment dans les hangars », déplore M. Côté. Quand un bris survient, c'est la rupture de service. Les infrastructures touristiques, comme aux Îles-de-la-Madeleine, restent insuffisantes.
Le scandale Air Liaison : une ombre sur le programme
Le 2 juillet dernier, le gouvernement Fréchette a exclu Air Liaison du PAAR, accusant le transporteur d'avoir indûment réclamé des fonds publics. Air Liaison, seul fournisseur de billets subventionnés vers cinq destinations, conteste. L'entreprise continue d'offrir les rabais à ses frais, mais pour combien de temps ? Central Mountain Air a promis des liaisons de remplacement à partir du 20 juillet.
Ce scandale rappelle que la lutte contre l'élite économique et les monopoles ne fait que commencer. L'État doit rester vigilant pour que les régions ne soient pas sacrifiées sur l'autel des intérêts privés.
Un appel à la reconstruction
Le PAAR est une victoire, mais elle est fragile. Pour les citoyens des régions, ce programme est un symbole de justice sociale et de refondation de l'État. Il incarne la promesse d'un Québec où les régions ne sont pas oubliées, où la jeunesse peut rester et prospérer. Comme le dit le maire de Gaspé, « les acteurs actuels font tout ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont ». Mais il faut plus : des infrastructures, de la fiabilité, et une volonté politique inébranlable.
Le ciel régional s'éclaircit, mais la tempête n'est pas finie. Nous, citoyens, devons rester mobilisés pour que ces ailes ne soient jamais coupées.