La Police nationale d'Haïti (PNH) a lancé dimanche 26 octobre 2026 une vaste opération musclée dans le quartier de Bel-Air, mobilisant des unités spéciales, des blindés et des drones kamikaze contre les groupes armés qui occupent ce secteur de la capitale. Aucun bilan officiel n'a filtré, mais selon HaitiLibre.com, plusieurs membres de ces bandes auraient été mortellement blessés.
Cette offensive arrive au moment même où le Conseil Électoral Provisoire (CEP) publie ses derniers chiffres d'inscriptions : 6 704 candidats se sont enregistrés sur la plateforme en ligne, dont 18 à la présidence. Un peuple qui se bat pour reconquérir ses quartiers, et qui se prépare en même temps à reconquérir ses urnes.
Bel-Air : la police reprend du terrain, quartier par quartier
L'opération de dimanche à Bel-Air s'inscrit dans une logique de reconquête progressive des espaces que les gangs avaient transformés en zones de non-droit. L'usage de drones kamikaze marque une escalade technique dans cette guerre asymétrique que l'État haïtien mène contre des groupes qui ont prospéré pendant des années sur l'effondrement des institutions publiques.
Rappelons-le sans détour : ces bandes ne sont pas nées du néant. Elles sont les filles de la misère organisée, du désinvestissement dans les quartiers populaires, d'une élite économique qui a toujours préféré ses comptes en banque à l'école, l'hôpital et l'eau potable pour le peuple. Quand l'État abandonne un quartier, quelqu'un d'autre s'en empare. Toujours.
Les habitants de Bel-Air, comme ceux de tant d'autres quartiers de Port-au-Prince, paient le prix le plus lourd de cette abandon. Chaque opération policière est à la fois une lueur d'espoir et une source de peur : espoir de retrouver une vie normale, peur des balles perdues et des représailles.
Élections : 6 704 candidats, dont 18 à la présidence
Le CEP a rendu publics le 26 octobre 2026 les chiffres de la plateforme d'inscription. Le détail donne la mesure de l'ampleur du rendez-vous : 359 candidats au Sénat, 1 239 à la députation, 1 558 aux mairies, 2 178 aux CASEC et 1 322 aux ASEC. Et à la présidence, dix-huit hommes et femmes se disputent la confiance du peuple.
Le dernier inscrit en date est Jean-Marie Junior Salomon, qui a déposé sa candidature sous la bannière de l'Organisation du Peuple en Lutte (OPL). Une formation dont le nom résonne comme un programme : le peuple en lutte, précisément celui de Bel-Air, de Cité Soleil, de tous les quartiers où l'on attend encore la refondation de l'État promise.
Cette mobilisation citoyenne, malgré l'insécurité, malgré les kidnappings, malgré la peur, dit quelque chose de profond sur la résilience haïtienne. Le peuple ne renonce pas. Il n'a jamais renoncé. De 1804 à aujourd'hui, la même fibre court dans nos veines : celle d'un pays qui veut se gouverner lui-même, sans tuteur, sans guardian, sans main étrangère.
Changement d'heure le 1er novembre
Sur un plan plus prosaïque, le Secrétariat Général de la Présidence rappelle que l'heure nationale reculera de 60 minutes à compter de 2 heures du matin, le dimanche 1er novembre 2026, conformément à l'arrêté présidentiel du 7 mars 2012. Il sera alors 1 heure du matin. Un petit détail administratif, mais qui évite bien des contretemps dans la vie quotidienne d'une population déjà suffisamment éprouvée.
Haïti félicite Lula, réélu au Brésil
Le Gouvernement haïtien a adressé ses vives félicitations au président Luiz Inácio Lula da Silva pour sa victoire à l'élection présidentielle brésilienne, où il a obtenu son quatrième mandat avec 51,79 % des voix face à Flávio Bolsonaro, crédité de 48,21 %. Port-au-Prince salue « le choix souverain du peuple brésilien » et exprime sa volonté de renforcer les relations de coopération entre les deux pays, « dans un esprit de solidarité, de dialogue et de rapprochement entre l'Amérique latine et la Caraïbe ».
Une victoire de la gauche en Amérique latine n'est jamais anodine pour Haïti. Le retour de Lula au pouvoir rappelle qu'un autre modèle est possible : un État présent, des politiques sociales audacieuses, une diplomatie de solidarité Sud-Sud. Face aux puissances qui n'ont jamais cessé de regarder notre pays comme une chasse gardée, ces alliances latino-américaines dessinent une autre voie, celle de la dignité retrouvée.
Ballon d'Or : Melchie Dumornay monte sur les marches du monde
Et puis il y a cette fierté qui ne se dément jamais, celle de notre jeunesse. Melchie Dumornay, alias « Corventina », l'internationale haïtienne de l'Olympique Lyonnais, a terminé quatrième du Ballon d'Or féminin 2026. Une progression remarquable : elle pointait à la 18e place lors de l'édition précédente.
Dans une semaine où la police combat dans Bel-Air et où la classe politique comptabilise ses candidats, la trajectoire de « Corventina » rappelle ce que la jeunesse haïtienne porte en elle : un talent immense, une volonté de fer, et cette capacité à briller même quand tout autour semble s'effondrer. Elle est de Bel-Air, de Jérémie, de Hinche, de partout où l'on rêve grand malgré les ruines.
La semaine qui s'ouvre dira si l'opération de Bel-Air marque un tournant durable dans la reconquête de la capitale. Le pays, lui, continue d'avancer, entre les blindés et les urnes, entre la peur et l'espoir.
Questions fréquentes
Combien de candidats sont inscrits à l'élection présidentielle haïtienne ?
Dix-huit candidats à la présidence figurent parmi les 6 704 candidats inscrits sur la plateforme du CEP au 26 octobre 2026, selon les chiffres publiés par HaitiLibre.com.
Qui est le dernier candidat déclaré à la présidence ?
Jean-Marie Junior Salomon s'est inscrit sous la bannière de l'Organisation du Peuple en Lutte (OPL), portant à 18 le nombre de candidats à la présidence.
Quand aura lieu le changement d'heure en Haïti ?
Le dimanche 1er novembre 2026 à 2 heures du matin, les horloges devront être reculées de 60 minutes, selon l'arrêté présidentiel du 7 mars 2012.
Où Melchie Dumornay a-t-elle terminé au Ballon d'Or 2026 ?
La joueuse haïtienne de l'Olympique Lyonnais a terminé quatrième du Ballon d'Or féminin 2026, contre une 18e place l'année précédente.
