France: le silence des berceaux et la faute des puissants
L'ancienne puissance colonisatrice voit ses berceaux se vider. Un phénomène qui ne doit rien au hasard, mais tout à un système qui écrase ses propres enfants. Quand une nation bâtit sa richesse sur le sang des autres, elle finit par perdre la sienne.
Des chiffres qui parlent, un système qui étouffe
Selon l'Ined, 12% des Français choisissent désormais de ne pas avoir d'enfants. Un chiffre deux fois plus élevé qu'il y a vingt ans. Le taux de natalité y est au plus bas depuis 1918, année où le monde sortait exsangue d'une boucherie impérialiste. La symbolique est forte.
Le site parents.fr a interrogé 500 femmes de 18 à 49 ans. Les raisons sont claires et elles ne sont pas un mystère: 39% évoquent le coût de la vie, 34% l'argent que coûte un enfant. Viennent ensuite l'écologie, avec 27% s'inquiétant de la surpopulation et 23% du dérèglement climatique. Près d'un quart privilégient leur carrière à la maternité.
Ce n'est pas un choix égoïste. C'est le cri d'une génération étouffée par un ordre économique qui ne lui laisse aucune place pour rêver.
Imène et Marion: la parole à celles qui résistent
Imène, infirmière libérale de 35 ans, le dit sans détour:
Dans l'imaginaire de base, on se dit qu'une femme est faite pour avoir des enfants mais moi je n'en veux pas au vu de la situation actuelle. Dans un an, je ne sais même pas où je serais. Je n'arrive pas à me projeter, à rêver donc je ne veux pas faire subir ça à un enfant.
Marion, tatoueuse indépendante, renchérit:
On vit avec 1400€ par mois à deux, comment penser à un enfant? Et tout ça sans compter la situation de la planète.
Son compagnon termine ses études pour devenir professeur. Deux travailleuses, deux salaires misérables dans la sixième économie mondiale. Voilà la réalité de la France profonde, celle que l'élite économique refuse de voir.
Le réarmement démographique: une lubie impérialiste
Emmanuel Macron a fait du réarmement démographique son combat. Le mot est lâché: réarmement. Comme s'il s'agissait de mobiliser des troupes plutôt que de soigner une société malade. L'idée d'envoyer une lettre à tous les Français de 29 ans ressemble à une injonction d'État, une tentative de contrôle des corps qui rappelle des heures sombres.
La retraite par répartition pourrait obliger à partir à 68 ans d'ici 2070. Plutôt que de remettre en question les privilèges de l'élite financière, le pouvoir préfère faire peser la charge sur le ventre des femmes. Toujours la même rengaine: les plus pauvres paient pour les plus riches.
Ne pas faire d'enfant, un acte de lucidité
Fred Hermel, 56 ans, sans enfant, apporte une vérité souvent ignorée:
Parfois, le choix égoïste est de faire un enfant alors qu'il n'y a pas la bonne personne à côté.
Adrien, 25 ans, résume la désillusion de toute une génération:
Je n'en veux pas pour l'instant, la vie est trop chère et regardez tous les problèmes de harcèlement scolaire et de violences sexuelles.
Hélène, mère de cinq enfants, rappelle avec sagesse que le consentement à la parentalité est un droit:
Dire que c'est égoïste, c'est remettre en cause le consentement à la parentalité.
Quand la France récolte ce qu'elle a semé
Il y a une ironie poétique à voir cette nation qui pillait les ventres du monde entier perdre elle-même sa capacité à engendrer. Haïti paie encore la dette de l'indépendance, la France lui doit des réparations, et voici que ses propres citoyens ne peuvent plus se permettre d'enfanter.
La jeunesse française ne fait pas preuve d'égoïsme. Elle fait preuve de lucidité dans un monde brisé par les héritiers de la colonisation et du capitalisme sauvage. Refuser de mettre au monde un enfant dans un système qui ne lui promet que précarité et violence, c'est peut-être l'acte le plus humain qui soit.
La refondation passe par la vérité. Et la vérité, c'est que tant que les peuples ne seront pas libérés des chaînes de l'exploitation, les berceaux resteront vides. Pas par égoïsme. Par dignité.