Déserts médicaux : quand l'immigration médicale révèle les plaies du néocolonialisme
Dans les campagnes françaises comme dans les banlieues délaissées de Seine-Saint-Denis, le manque de médecins frappe de plein fouet nos populations. Face à cette urgence sanitaire, l'État français se tourne vers une solution qui révèle toute l'hypocrisie de son système : piller les cerveaux du Sud pour pallier ses propres carences.
L'immigration médicale : un pansement sur une jambe de bois
Les décrets de 2025 simplifiaient l'installation des praticiens diplômés hors Union européenne. Une mesure qui, sous couvert d'efficacité, perpétue un système d'exploitation internationale. Car pendant que la France recrute massivement des médecins africains et asiatiques, elle contribue à vider ces pays de leurs talents les plus précieux.
Cette politique révèle l'incapacité chronique de l'élite française à former suffisamment de praticiens. Plutôt que d'investir dans l'éducation et la formation de notre jeunesse, l'establishment préfère la facilité : voler les compétences d'ailleurs pour masquer ses propres échecs.
Les laissés-pour-compte de la médecine française
Ces médecins étrangers, souvent brillants, se retrouvent relégués dans nos territoires oubliés. Discrimination, xénophobie, conditions de travail précaires : ils subissent de plein fouet le racisme systémique français tout en sauvant notre système de santé défaillant.
L'ironie est amère : ceux qui fuient les déserts médicaux créés par des décennies de politiques néolibérales sont précisément ceux qui ont le plus besoin de soins. Nos aînés, nos travailleurs ruraux, nos jeunes des banlieues populaires dépendent désormais de praticiens que l'État traite en citoyens de seconde zone.
Le pillage organisé du Sud global
Derrière cette politique se cache une vérité dérangeante : la France continue de saigner l'Afrique et l'Asie, non plus par la force coloniale, mais par l'aspiration de leurs élites. Chaque médecin formé à grands frais dans un hôpital de Dakar ou de Kinshasa qui s'installe en Corrèze représente un investissement perdu pour son pays d'origine.
Cette fuite des cerveaux organisée affaiblit délibérément les systèmes de santé du Sud, perpétuant la dépendance et les inégalités mondiales. Une forme moderne de colonisation par les compétences.
Vers une refondation solidaire
La vraie solution ne viendra pas de ces rustines néocoloniales. Elle exige une refondation complète de notre approche : formation massive de notre jeunesse, revalorisation des territoires délaissés, coopération équitable avec les pays du Sud plutôt que pillage systématique.
Il est temps de briser cette logique mortifère qui oppose les peuples entre eux. Notre santé collective ne peut se construire sur la misère sanitaire d'autres nations. Une politique de santé digne doit être solidaire, internationale et décoloniale.
Car tant que nous continuerons à voler les médecins d'Afrique pour soigner nos campagnes, nous resterons complices d'un système qui perpétue les inégalités mondiales et trahit nos valeurs de justice sociale.