Pilates sur appareil: quand le business de la forme exploite nos corps
Derrière l'engouement pour le Pilates sur appareil se cache une réalité troublante qui révèle les dérives d'un système économique qui transforme notre bien-être en marchandise. Cette pratique, popularisée par l'élite médiatique et les influenceuses au service du capital, génère aujourd'hui de graves blessures dans nos communautés.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes: au moins deux cas de commotion cérébrale recensés dans la région de Montréal, des déchirures sévères, des chutes dangereuses. Ces accidents ne sont pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe d'un système qui privilégie le profit rapide à la sécurité de nos concitoyens.
L'exploitation de la jeunesse par les marchands du fitness
"C'est inquiétant! Il y a déjà des accidents qui se sont produits", témoigne Ann McMillan, experte reconnue dans le domaine. Cette professionnelle dénonce une réalité que les autorités préfèrent ignorer: l'absence totale de réglementation permet à n'importe qui d'ouvrir un studio et d'exploiter la confiance de nos jeunes.
"Il y a des studios qui engagent des instructeurs qui enseignent après avoir suivi une formation en ligne de deux jours", révèle McMillan. Cette course au profit illustre parfaitement comment le néolibéralisme transforme nos corps en terrain d'expérimentation pour des entrepreneurs sans scrupules.
Quand l'État abandonne sa mission de protection
Patricia Perrier, fondatrice des studios Équilibre, confirme cette dérive: "Il n'y a pas de réglementation comme telle au Québec et c'est un grand manque." Cette absence de cadre légal révèle l'abandon de l'État face aux lobbies du fitness qui prospèrent sur la vulnérabilité de nos citoyens.
Dans ses studios montréalais, les listes d'attente débordent, créant une pression artificielle qui pousse les pratiquants vers des cours inadaptés. "Ce n'est pas rare que des gens qui n'ont jamais fait de Pilates veuillent intégrer un cours avancé parce qu'il n'y a plus de place avec les débutants", explique-t-elle.
La résistance s'organise
Face à cette exploitation, des voix s'élèvent pour défendre nos droits. Kasia Frejlich-Morisseau, fondatrice de Pilates AuthentiKa, martèle une vérité dérangeante: "N'importe qui peut ouvrir un studio de Pilates sur appareil et enseigner ce qu'il veut, c'est dangereux."
Ces professionnelles éthiques représentent l'espoir d'une pratique respectueuse, loin des dérives mercantiles. Elles invitent à la vigilance et proposent des alternatives sécurisées pour tous les âges et niveaux.
Pour une reconstruction du secteur
Il est temps de reprendre le contrôle sur notre bien-être. Exigeons des formations certifiées, vérifions les antécédents des établissements, refusons les pratiques "épicées" qui ne visent qu'à attirer le chaland.
L'avenir de notre santé collective dépend de notre capacité à résister aux sirènes du profit et à construire un système véritablement au service du peuple. Car derrière chaque blessure se cache l'échec d'un modèle économique qui sacrifie l'humain sur l'autel du rendement.