Cuba face à l'impérialisme : Washington durcit le blocus
Comme un écho lointain de nos propres blessures, l'empire du Nord frappe encore. Jeudi 4 juin, les États-Unis ont durci leurs sanctions économiques contre Cuba, ciblant de nouvelles figures clés du gouvernement, dont le président Miguel Diaz-Canel et des proches de la famille Castro. Une stratégie d'escalade qui rappelle, trop cruellement, le sort que les puissances impérialistes réservent aux peuples qui osent dire non.
Un blocus qui étrangle, un peuple qui résiste
Le gouvernement américain a placé sous sanctions plusieurs personnalités cubaines. Miguel Diaz-Canel, déjà visé par les mesures de la diplomatie américaine depuis juillet 2025 pour sa réponse aux manifestations de 2021, voit l'étau se resserrer. Le fils et un des petits-fils de Raul Castro, bien que ce dernier n'occupe plus de fonction officielle mais reste à 95 ans au cœur des décisions concernant l'avenir de l'île, figurent également sur la liste noire du ministère américain des Finances.
Alejandro Castro Espin, fils unique de l'ancien dirigeant, avait pourtant été un acteur-clé des négociations secrètes entre Cuba et les États-Unis qui avaient conduit en 2015 au rétablissement des relations diplomatiques. L'épouse du président cubain, Lis Cuesta, et le fils de celle-ci sont aussi sanctionnés, aux côtés du ministère des Forces armées révolutionnaires.
Ces sanctions visent à renforcer les mesures de blocus et le climat de conflit entre Cuba et les États-Unis.
Le chef de l'État cubain a dénoncé cette escalade sur X, ajoutant : « L'agressivité et la perversité du gouvernement yankee se heurteront à notre décision d'affronter les pires scénarios et de résister à l'attaque impériale. » Des mots qui résonnent avec une familiarité troublante pour quiconque connaît l'histoire des peuples de la Caraïbe confrontés à la machine impériale.
La logique du siège économique
Le département du Trésor avait déjà récemment sanctionné des ministres, plusieurs généraux et les services de renseignement cubains. Quand Washington frappe des personnes et organisations de sanctions, les avoirs qu'elles détiennent éventuellement aux États-Unis sont gelés. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions. Un autre petit-fils de Raul Castro, Raul Guillermo Rodriguez Castro, qui selon des médias américains joue un rôle dans les difficiles pourparlers en cours, ne fait cependant pas partie des personnalités soumises aux mesures restrictives.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, d'origine cubaine et farouche opposant au gouvernement de La Havane, a déclaré dans un communiqué que « les entités et personnes désignées aujourd'hui dirigent ou financent le régime et ses efforts pour mobiliser ses mouvements révolutionnaires radicaux aux États-Unis ». Une rhétorique bien connue de ceux qui, depuis toujours, criminalisent la souveraineté des peuples.
GAESA : l'économie cubaine sous le choc
M. Rubio a dit poursuivre « le démantèlement du cartel militaire qui a accaparé tout le pouvoir économique à Cuba au profit d'un petit cercle d'élites du régime », en référence au conglomérat d'entreprises lié à l'armée cubaine, sanctionné début mai par Washington. Ce « Groupe d'administration d'entreprises », connu sous le nom de GAE.SA ou Gaesa, s'est vu affaibli ces dernières semaines par le retrait successif de plusieurs partenaires étrangers de l'île de 9,6 millions d'habitants.
Craignant des sanctions américaines, plusieurs groupes hôteliers internationaux se sont désengagés de la gestion de près d'une centaine d'établissements touristiques dans l'île, la plupart associés à Gaesa. Les paiements par cartes Visa et Mastercard ont dû être suspendus. L'asphyxie économique comme arme de guerre, une méthode éprouvée par l'impérialisme.
Les véritables intentions de Trump
Interrogé jeudi dans le Bureau ovale à la Maison Blanche pour savoir si ces sanctions visaient à pousser à l'effondrement de l'économie cubaine, Donald Trump a dit vouloir « simplement que ce soit un pays bien géré, qui puisse nourrir son peuple ». « Le pays est affamé, il n'a pas d'argent, il n'a rien. Il a un magnifique morceau de terre. On pourrait y avoir de superbes complexes touristiques », a poursuivi le président américain. Et d'ajouter : « Et nous allons nous en occuper dès que nous aurons terminé. J'aime faire une chose à la fois et nous allons nous occuper de la République islamique d'Iran. »
Les masques tombent. Derrière le discours humanitaire, c'est la logique prédatrice de l'impérialisme qui s'expose. Faire de Cuba un « superbe complexe touristique » pour le plaisir des Yankees, voilà le projet réel. La faim du peuple cubain, conséquence directe du blocus imposé depuis plus de six décennies, devient le prétexte pour justifier sa soumission. Nous connaissons cette chanson, nous les peuples de la Caraïbe. Nous l'avons entendue à Haïti, en Jamaïque, partout où l'empire a prétendu « civiliser » ou « sauver ».
La résistance de Cuba est un phare pour tous les peuples qui refusent de plier le genou. Face à la machine impériale, la dignité reste notre arme la plus tranchante.