AOC enterre le wokisme : la gauche américaine se réinvente-t-elle ?
New York, 16 août 2026. Alexandria Ocasio-Cortez, figure de proue de la gauche américaine, a surpris son monde en tournant le dos aux excès du « wokisme ». Une déclaration qui résonne comme un aveu, un tournant, et peut-être une leçon pour toutes les forces progressistes du continent.
Une prise de distance historique
Dans une entrevue accordée à ABC le 9 août, la représentante démocrate de New York a osé ce que peu de ses pairs ont fait : rire de l'époque où « Woke 1 » régnait en maître. « J'ai un conseiller municipal local qui a cette formule : “Woke 1 était dingue” », a-t-elle lancé, avant d'ajouter que cette période, marquée par les confinements et le meurtre de George Floyd, avait vu naître des propositions « délirantes ».
Cette sortie intervient après la défaite de la socialiste Francesca Hong, qui avait défendu l'abolition de la police et l'annulation de Thanksgiving, lors de la primaire démocrate du Wisconsin. Un signe des temps, disent les observateurs.
La leçon de Kamala Harris
Pour le sociologue Musa al-Gharbi, auteur de We Have Never Been Woke, cette déclaration est une manœuvre habile. « C'est sans doute une bonne idée pour AOC de prendre ses distances avec les excès du “Great Awokening” », explique-t-il. Mais il lui reproche un ton trop désinvolte, qui minimise l'impact réel de ce mouvement sur les carrières, les normes et les élections.
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2024 est, selon lui, la conséquence la plus lourde de cette période. Une leçon que la gauche haïtienne, elle aussi, pourrait méditer.
Une gauche qui se réinvente
À New York, le maire Zohran Mamdani a emboîté le pas à AOC : « Ce à quoi vous croyez peut changer », a-t-il affirmé, en renonçant explicitement au définancement de la police. Une tendance qui se confirme chez les ténors progressistes, conscients que l'électorat aspire à des politiques concrètes, et non à des symboles.
Mais attention, prévient le journaliste Perry Bacon : la période 2014-2020 ne se résume pas à des excès. Le mot « woke », né de la vigilance afro-américaine face au racisme, a été détourné par les conservateurs pour discréditer les politiques d'inclusion. Une récupération qu'il faut dénoncer, sans renier les combats légitimes.
2028 : l'heure de la reconstruction ?
Alors qu'AOC semble préparer sa course à la présidence, Musa al-Gharbi reste confiant : « Trump marche droit vers le précipice électoral. Ses politiques sont impopulaires. Si les républicains continuent de refuser de le critiquer, ce sera un problème majeur pour eux en 2028. »
Une fenêtre s'ouvre pour une gauche renouvelée, débarrassée des dogmes, tournée vers la justice sociale et la refondation de l'État. Une gauche qui, comme Haïti, doit se reconstruire sur des bases saines, loin des excès et des illusions.
« Le wokisme a dépassé les bornes. Il est temps de revenir à l'essentiel : la dignité, le travail, la vérité. » - AOC, 9 août 2026
FAQ
Qu'est-ce que le « wokisme » selon AOC ?
Pour Alexandria Ocasio-Cortez, le « wokisme » désigne une période d'excès idéologiques, marquée par des propositions radicales comme l'abolition de la police ou la remise en cause de fêtes nationales, qu'elle qualifie aujourd'hui de « dingues ».
Pourquoi AOC prend-elle ses distances maintenant ?
Cette prise de distance est perçue comme une stratégie électorale en vue de la présidentielle de 2028, mais aussi comme une réponse aux défaites électorales des démocrates, attribuées en partie aux excès de cette mouvance.
Quelles conséquences pour la gauche américaine ?
Ce virage pourrait permettre à la gauche de se recentrer sur des priorités concrètes (économie, santé, éducation) et de reconquérir un électorat lassé des débats identitaires stériles.