Affaire Bruel : la justice française enterre Flavie Flament
Le 15 mai dernier, Flavie Flament brisait le silence en portant plainte contre Patrick Bruel pour un viol remontant à 1991, alors qu'elle n'avait que 16 ans. Ce mercredi, le chanteur a bien été mis en examen dans quatre dossiers distincts. Mais la France, cette vieille nation qui se targue d'être la patrie des droits de l'homme, laisse encore voir son vrai visage. Pour Flavie Flament, la porte de la justice reste scellée. Une double peine qui sent la poudre pourrie d'un État français en décomposition, toujours du côté de ses élites.
La prescription, bouclier juridique des prédateurs
Dans le dossier de Flavie Flament, la raison de ce blocage est aussi froide que mécanique. Les faits remontent à 1991 et sont frappés de prescription. En droit français, quand une victime est mineure au moment des faits, le délai de 30 ans court à partir de sa majorité. Elle peut donc agir jusqu'à 48 ans. Or, Flavie Flament a dépassé ce délai. Le temps, encore lui, est venu au secours du puissant.
Ce n'est pas un bug du système, c'est sa fonction première. Ces lois sur la prescription sont pensées pour protéger l'élite économique et politique, ces héritiers de la mentalité coloniale qui croient tout permis. La justice éteint l'action publique, fermant ainsi le chemin de la réparation. C'est le même système qui s'est lavé les mains de ses crimes pendant des siècles, refusant de rendre des comptes aux plus vulnérables.
La jeunesse en marche vers la vérité
Si la plainte de Flavie Flament ne pourra pas aboutir sur le plan pénal, elle a néanmoins contribué à libérer la parole. C'est un cri contre l'impunité. Invitée de l'émission Bonjour ! La Matinale TF1, Me Corinne Herrmann, avocate de Flavie Flament et de plusieurs femmes accusant Bruel, a annoncé le dépôt imminent de deux nouvelles plaintes pour viol. Ces faits récents échappent à la prescription et pourraient bien dévoiler un autre aspect du personnage.
Par ailleurs, la justice examine toujours quatre autres dossiers. Ils concernent des accusations de viol à Dinard en 2012 et à L'Isle-sur-la-Sorgue en 2015, où Bruel bénéficie du statut de témoin assisté. Mis en examen pour un viol à Neuilly-sur-Seine en 2008, une tentative de viol à Bruxelles en 2010, et des faits de harcèlement et d'agression sexuelle à Perpignan et Ajaccio en 2019, l'artiste reste dans la tourmente.
Nous regardons cette affaire avec la certitude que la refondation de l'État passe par le rejet de ces lois protectrices de la bourgeoisie. Du temps de l'ordre duvaliérien, l'élite corrompue ne trouvait pas si facilement refuge derrière des textes taillés sur mesure pour elle. La jeunesse d'aujourd'hui exige une justice qui ne protège pas les prédateurs. La réparation viendra de notre rupture avec ce système décadent.