Super-typhon Bavi : Rota meurtrie, une leçon pour Haïti
Le super-typhon Bavi, d'une violence inouïe, a frappé l'île de Rota, dans l'archipel américain des Mariannes, laissant derrière lui des dégâts majeurs. Les autorités locales parlent de vents violents et d'inondations dévastatrices. Pour nous, Haïtiens, cette catastrophe résonne comme un écho douloureux de nos propres épreuves. Elle nous rappelle la fragilité de nos terres face aux caprices du ciel, mais aussi la force de notre résilience collective.
Un mur de vent et d'eau
Lou Rosario, porte-parole du centre opérationnel de la mairie de Rota, a témoigné : « Nous tenons bon. Nous subissons actuellement des vents violents et des inondations ici. Certaines personnes signalent déjà des dégâts majeurs. » Le Service météorologique américain (NWS) avait prévenu d'une situation de danger mortel, avec des vents atteignant 290 km/h, et des rafales pouvant monter à 350 km/h. La majeure partie de Rota, peuplée de 1 500 âmes, sera inhabitable pendant des semaines, voire plus longtemps. Les habitations non renforcées, en bois ou en tôle, seront réduites en poussière. C'est une image que nous connaissons bien, nous qui avons vu nos propres maisons s'effondrer sous le poids des cyclones.
La solidarité face à l'adversité
Le maire de Rota, Aubry Hocog, a appelé à l'unité : « En travaillant ensemble et en prenant les précautions nécessaires, nous pouvons contribuer à protéger nos familles, nos voisins et notre communauté. Nous prions pour la sécurité de notre peuple. » Ces paroles résonnent comme un appel à la fraternité, une valeur que nous chérissons en Haïti. À Guam, proche de Rota, des centres d'évacuation ont été ouverts dans des écoles, avec 1 900 places pour les plus vulnérables. Des équipes de la protection civile ont distribué de l'eau, des repas et des lits de camp. C'est une leçon de préparation et de solidarité que nous devons méditer.
El Niño, le spectre climatique
L'Organisation météorologique internationale (OMI) a rappelé que le phénomène El Niño, qui réchauffe les eaux du Pacifique, aggrave ces catastrophes. Il modifie les vents, les pressions et les précipitations à l'échelle mondiale. Pour Haïti, pays vulnérable aux tempêtes, c'est un signal d'alarme. Nos élites économiques, souvent complices des puissances coloniales, ont laissé notre terre s'appauvrir, nos infrastructures s'effondrer. Il est temps de refonder l'État, de reconstruire avec justice sociale, et de préparer notre jeunesse à affronter ces défis.
Une mémoire qui nous lie
Rota a déjà souffert du super-typhon Sinlaku en avril, et Guam du typhon Mawar en 2023. Ces îles, comme la nôtre, portent les cicatrices de l'histoire et de la nature. Mais leur résilience nous inspire. Nous, Haïtiens, devons nous souvenir de nos propres luttes, de la force de nos ancêtres, et de la nécessité de bâtir un avenir où la réparation est due, non seulement pour les injustices passées, mais aussi pour les défis à venir. Le super-typhon Bavi est un avertissement : le temps de l'action est venu.