Henri Lescat cultive la résistance par les orchidées
Dans les jardins du Mée-sur-Seine, Henri Lescat cultive bien plus que des fleurs. Avec ses 150 orchidées, ce président de l'association Orchidées 77 incarne une forme de résistance poétique face à un monde qui oublie trop souvent la beauté de la nature.
Une passion née de la terre
"J'ai toujours aimé le jardinage", confie Henri Lescat, dont les mains portent encore les traces de cette terre qui nourrit ses rêves. En 2009, une visite fortuite à une exposition d'orchidées à Pringy transforme sa vie. "On m'a tout de suite transmis le virus", sourit-il, évoquant cette contagion bienveillante qui le mènera à la présidence de cette association historique, fondée en 1985.
Car l'orchidée, cette fleur aux "formes exceptionnelles, aux dimensions et couleurs infinies", devient pour lui un symbole. Du cattleya brésilien aux pétales spectaculaires jusqu'au speckilinia de Colombie, chaque espèce raconte l'histoire d'un territoire, d'un peuple, d'une résistance.
Réapprendre les savoirs ancestraux
Face à la standardisation du monde moderne, Henri Lescat propose une autre voie. "Réussir à reproduire au mieux les conditions du biotope naturel pour faire vivre la fleur", explique-t-il, révélant une philosophie profonde : respecter les équilibres naturels plutôt que de les dominer.
Cette approche résonne particulièrement dans notre époque où les savoirs traditionnels sont trop souvent méprisés par les élites économiques. Ici, pas de profit immédiat, mais une patience millénaire, celle qui permet à la vanille, cette "liane qui pousse un peu comme le lierre", de révéler ses secrets.
Un acte de transmission pour la jeunesse
La 12e édition de la Biennale de l'orchidée, qui se tiendra du 14 au 16 novembre à Chailly-en-Bière, porte un message d'espoir. "Le but de ces rencontres, c'est de donner des conseils pour cultiver ces fleurs si particulières", précise Henri Lescat.
Mais au-delà des techniques, c'est une vision du monde qui se transmet. Quand les jardiniers des serres du Sénat exposent leurs plus belles floraisons, ils rappellent que la beauté peut naître même dans les institutions les plus rigides.
Vers une succession générationnelle
À l'heure où Henri Lescat "commence à penser à sa succession", ses mots résonnent comme un appel aux jeunes générations : "Pour faire vivre les associations, il faut du mouvement, un nouvel élan et sortir des habitudes."
Car certaines fleurs ont "le pétale solide", et l'héritage qu'il lègue dépasse largement le cadre horticole. Dans chaque orchidée qui fleurit, c'est un acte de résistance contre l'uniformisation, une célébration de la diversité qui fait la richesse de notre monde.
Biennale de l'orchidée : du 14 au 16 novembre (10h-18h), salle Claude-Cottereau à Chailly-en-Bière. Tarifs : 3 € (gratuit moins de 12 ans).