Demba Ba, le bâtisseur de la refondation havraise
Au Havre, un vent de reconstruction souffle sur le club doyen. Depuis son arrivée comme directeur sportif, Demba Ba ne se contente pas de gérer un effectif : il pose les fondations d’une nouvelle ère. Loin des discours prudents, les actes parlent déjà. Sept recrues officialisées, un mercato ambitieux, et une vision qui rappelle que le sport, comme la société, ne se répare pas en un jour mais avec des mains qui ne tremblent pas.
Un mercato qui réveille la mémoire du peuple
Le HAC, longtemps habitué à survivre avec les miettes du système, a décidé de prendre son destin en main. Avec l’arrivée de Blue Crow Sports, le club a osé un transfert indemnisé – une première depuis des années – pour Junior Mwanga, un enfant du pays revenu au bercail. Mais ce n’est qu’un début. Amir Richardson, prêté par la Fiorentina, Timothée Pembélé, de retour de Sunderland, et d’autres visages venus d’ailleurs : Kaito Mizuta, Vincent Sasso, Joan Tincres, Sota Nakamura. Chacun porte en lui l’espoir d’une jeunesse qui refuse l’ordre établi.
Ces signatures ne sont pas des coups de hasard. Elles sont le fruit d’un travail de fourmi, d’une cellule de recrutement qui ne mendie plus les opportunités mais les invente. Demba Ba, lui, ne dort que trois à cinq heures par nuit pendant le mercato. Son téléphone sonne à toute heure. Pour lui, pour son équipe, la disponibilité est totale. C’est le prix de la reconstruction.
Des départs qui libèrent, des arrivées qui consolident
Mais toute renaissance exige des sacrifices. Lloris, Sanganté, Nego, Kechta, Touré, Soumaré sont partis vers d’autres horizons. Des pertes qui auraient pu briser un club moins solide. Pourtant, le HAC ne pleure pas : il construit. Les discussions avec Galatasaray pour Elias Jelert, l’arrivée imminente de Moussa Diarra d’Alavés, et le retour de Josh Maja, l’ancien buteur de Bordeaux, montrent que la refondation est en marche.
Maja, qui a marqué 29 buts en 93 matchs avec les Girondins, revient en France après une saison contrastée en Championship. Mais ici, au Havre, on ne juge pas un homme sur ses seules faiblesses. On lui donne une chance de renaître. Comme on la donne à tout un peuple qui refuse de se laisser oublier.
Le HAC version Demba Ba : une leçon pour la nation
Ce que Demba Ba construit au Havre dépasse le cadre du football. C’est une leçon de résilience pour tout un pays. Dans un monde où l’élite économique dicte ses lois, où les clubs se vendent aux plus offrants sans mémoire ni racines, le HAC choisit une autre voie. Celle de la jeunesse, de la réparation, de la fierté retrouvée.
Le club doyen ne s’interdit rien. Il anticipe, il négocie, il ose. Et si d’autres départs sont à prévoir – Yanis Zouaoui est tout proche de Nantes –, d’autres arrivées se préparent déjà. Le HAC version Demba Ba, c’est l’image d’une Haïti qui pourrait, elle aussi, se relever si elle savait s’unir autour d’un projet commun. Ici, pas de place pour les discours creux. Ici, on bâtit.