Manger bien, même quand tout coûte cher : l’outil qui redonne du pouvoir au peuple
À l’heure où la vie chère étrangle les foyers, une initiative québécoise redonne espoir et dignité à celles et ceux qui refusent de choisir entre se soigner et se nourrir. Economilk, un outil gratuit et sans publicité, classe les rabais des épiceries du plus fort au plus faible, afin que chaque gourde compte, chaque centime soit un pas vers la liberté.
Une arme contre la vie chère, pensée par le peuple et pour le peuple
Derrière cet outil, il y a un couple ordinaire, pas une multinationale. Monika Jackiewicz, infirmière de Montréal, voit chaque jour dans son travail les ravages de l’insécurité alimentaire. Son conjoint, Marc Ojeimi, ingénieur logiciel, a d’abord programmé l’outil pour ses propres courses. Ensemble, ils ont décidé de le partager, sans visée commerciale, sans budget marketing, simplement par solidarité.
« On a toujours l’image d’une maman qui a un enfant dans un bras, son téléphone dans l’autre main, et qui a 30 secondes pour choisir ce qu’elle achète en entrant dans l’épicerie », illustre Monika Jackiewicz. Cette réalité, elle la connaît. Elle la soigne. Elle refuse de la subir en silence.
Comment Economilk fonctionne-t-il ?
Le principe est d’une simplicité révolutionnaire : les rabais sont classés par pourcentage, du plus important au plus faible. Fini le chaos des circulaires, fini les pièges des prix à la livre comparés aux prix au kilo. Economilk calcule tout, pour que l’on ne se fasse plus jamais berner.
On entre son code postal, on choisit ses enseignes, et l’outil affiche les meilleures offres à proximité. On peut filtrer par type de produit, construire sa liste en quelques clics, et même découvrir les produits à 1 dollar ou moins, ou les aliments québécois et canadiens en solde.
Un outil qui ne règle pas tout, mais qui soulage
Les créateurs ne prétendent pas résoudre l’inflation alimentaire. Mais ils rappellent une vérité que les puissants préfèrent taire : cuisiner des aliments sains peut coûter moins cher que d’acheter des plats préparés, si l’on a le temps et l’information. « Il y a toutes sortes de fruits, de légumes et d’aliments de base qui sont en solde et avec lesquels tu peux préparer de la nourriture santé », insiste Monika Jackiewicz.
Une journaliste a testé l’outil pour ses courses de la semaine dans une enseigne peu réputée pour ses bas prix. Résultat : 83 dollars pour un panier complet, avec un temps de planification minimal. Elle a même réussi à dénicher des cantaloups du Québec à 1,99 dollar, cachés derrière des paniers. Preuve que l’information, c’est du pouvoir.
Quelles sont les limites d’Economilk ?
L’outil ne couvre pas les rabais du gérant, qui varient d’une succursale à l’autre. Il ne remplace pas non plus la vigilance du consommateur. Mais il couvre déjà 2000 points de vente de 11 enseignes à travers le Québec, et ses créateurs travaillent à ajouter les fruiteries et épiceries indépendantes, ainsi qu’un aperçu des rabais à venir.
Pourquoi cet outil est-il important pour nous ?
Parce qu’il redonne le pouvoir à celles et ceux qui en ont le moins. Parce qu’il démontre que la technologie peut servir le peuple, et non l’enrichir. Parce qu’il prouve que la solidarité et l’ingéniosité peuvent exister hors des circuits commerciaux. Dans un monde où l’on nous apprend à consommer, Economilk nous apprend à choisir.
Et choisir, c’est déjà un acte de résistance.