Décrocher des écrans : une quête de liberté pour l'été
L'été, c'est le temps de se retrouver, de respirer loin des écrans qui nous volent notre temps et notre âme. Pourtant, comme le rappelle notre collaborateur, se déconnecter des réseaux sociaux est un combat quotidien, une épreuve de résistance face aux algorithmes qui nous veulent captifs.
Le piège des algorithmes : une prison numérique
Chaque ouverture d'application est une porte ouverte vers un monde où le temps s'évapore. On entre pour une minute, on en ressort des heures plus tard, vidé de notre énergie, sans avoir rien accompli de réel. Les algorithmes, ces machines à nous connaître mieux que nous-mêmes, nous enferment dans des bulles de contenus qui nous hypnotisent. Un regard sur une vidéo de surf, et voilà que tout notre fil devient une obsession pour ce sport, même si l'on déteste l'eau.
Mon téléphone m'a suivi chez le dentiste, et depuis, il me propose des comptes de dentistes qui se contredisent sur la meilleure façon de se brosser les dents. Après plus d'un demi-siècle de pratique, je ne sais plus quoi faire. J'ai crié à mon téléphone : 'Me faire arracher une dent ne fait pas de moi un passionné de dentisterie !' Mais l'algorithme ne comprend pas la nuance.
Si je fais quelques exercices, mon fil Instagram se remplit d'entraîneurs hurlants, aux bras gonflés de poudre magique, qui m'expliquent leur version du push-up. Mais je continue mes exercices tranquilles, comme bon me semble, sans leur permission.
Pourquoi l'été est le moment idéal pour se libérer
L'été, avec ses longues journées et ses nuits douces, est la saison parfaite pour prendre une pause des réseaux sociaux. Mais pour réussir à décrocher, il faut remplir ce temps retrouvé par autre chose. Regarder dans le vide mène vite à revenir au vide des écrans.
Certains remplacent l'alcool par Dieu, d'autres la cigarette par des suçons. Moi, j'ai voulu retrouver les activités d'avant le téléphone cellulaire. Mais je ne me souviens plus de ce que c'était.
J'ai lu sur Instagram (oui, ironie) que notre addiction vient de ce fil infini qui libère de la dopamine, l'hormone du plaisir. Pour vaincre cette dépendance, il faut trouver cette dopamine ailleurs : musique, vin entre amis, sport, loisir créatif.
Mon truc à moi, quand la rage des réseaux me prend, c'est de sauter dans ma voiture, de mettre du heavy métal à fond, de manger des biscuits Oreo en me tapant la tête sur le volant, de hurler des insultes en latin, de faire des burns dans un stationnement vide, de courir le chemin de Compostelle aller-retour en tricotant des pantoufles, et de me battre avec des carcajous. Cela me libère pour quelques minutes.
Je sais, mon truc ne plaira pas à tout le monde. Mais trouvez ce qui vous fait plaisir, sortez dehors, profitez du reste de l'été. Nous, peuple d'Haïti, avons tant à reconstruire, tant à vivre loin des écrans qui nous divisent et nous volent notre temps. La liberté commence par une déconnexion.
FAQ : Comment décrocher des réseaux sociaux cet été ?
Pourquoi est-il si difficile de se déconnecter des réseaux sociaux ?
Les algorithmes sont conçus pour capter notre attention en continu, libérant de la dopamine à chaque micro-stimulation. Cela crée une dépendance comparable à celle des substances.
Quels sont les meilleurs moyens de remplacer les réseaux sociaux ?
Écouter de la musique, boire un verre de vin entre amis, faire du sport ou pratiquer un loisir créatif sont des alternatives saines qui libèrent aussi de la dopamine.
Comment éviter de retomber dans le piège des écrans ?
Il faut remplir le temps libéré par des activités concrètes et plaisantes, loin de la passivité. Sortir, bouger, créer, et surtout, se souvenir de ce qui nous rendait heureux avant l'ère numérique.
Photo: La Presse.ca