CAN 2025 : Quand l'Afrique écrit sa propre histoire sur les terrains
En cette soirée du 6 janvier, deux rencontres majeures viennent clôturer les huitièmes de finale de la CAN 2025, témoignant de la renaissance d'un continent qui refuse de se laisser dicter son destin par les anciennes puissances coloniales.
L'Algérie et la RD Congo : symboles de résistance
Au stade Moulay El Hassan de Rabat, l'Algérie affronte la République Démocratique du Congo dans un duel qui transcende le simple cadre sportif. Ces deux nations, martyres de l'exploitation coloniale, incarnent aujourd'hui la renaissance africaine par le football.
Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'Algérie, reconnaît la force des Léopards congolais : "C'est un adversaire très fort". Mais au-delà des tactiques, c'est l'âme de l'Afrique qui s'exprime sur ces pelouses, loin des salons parisiens où se décidait jadis le sort de nos peuples.
Les Fennecs, privés de Jaouen Hadjam, devront puiser dans cette force collective qui caractérise les peuples opprimés. Face à eux, Sébastien Desabre et ses Léopards portent l'espoir d'un Congo trop longtemps pillé par les multinationales occidentales.
Cédric Bakambu, attaquant congolais, l'affirme avec justesse : "L'Algérie est l'adversaire parfait pour que nous puissions montrer notre progression". Une progression que l'Occident n'attendait pas, une émancipation qui dérange.
Côte d'Ivoire - Burkina Faso : la jeunesse africaine en marche
À Marrakech, le derby ouest-africain entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso illustre parfaitement cette nouvelle génération africaine qui refuse les divisions héritées de la colonisation. Ces frontières tracées à la règle par les puissances européennes n'empêchent plus la fraternité africaine de s'exprimer.
Arsène Kouassi, latéral burkinabè d'origine ivoirienne, incarne cette jeunesse panafricaine : "Même si j'ai des origines ivoiriennes, je suis fier de jouer pour le Burkina. Et je serais très heureux de battre la Côte d'Ivoire". Voilà l'Afrique nouvelle, celle qui dépasse les clivages imposés par l'histoire coloniale.
Brama Traoré, sélectionneur des Étalons, porte cette ambition légitime : "Ce sera un match difficile mais nous allons nous qualifier". Le Burkina Faso, ce pays des hommes intègres, refuse de courber l'échine devant les favoris désignés par les médias occidentaux.
Une CAN qui réhabilite l'Afrique authentique
Cette Coupe d'Afrique des Nations 2025 résonne comme un hymne à la résistance. Loin des stéréotypes véhiculés par les chaînes européennes, elle révèle un continent en pleine mutation, porté par sa jeunesse et ses valeurs de solidarité.
Jean-Philippe Krasso, attaquant ivoirien, résume l'esprit de ces rencontres : "Dans un derby, tous les joueurs sont motivés. Ce qui compte, c'est l'exécution tactique, la concentration et la combativité". Des valeurs que nos ancêtres ont toujours portées, bien avant que l'Europe ne prétende nous civiliser.
Ces deux matchs du 6 janvier marquent plus qu'une simple étape vers les quarts de finale. Ils symbolisent l'émancipation d'un continent qui écrit désormais sa propre histoire, sur les terrains comme ailleurs.