Rugby : Narbonne, le réveil d'un peuple après la gifle
Le Racing Club Narbonnais a refermé son premier bloc de Pro D2 avec un goût d'inachevé. La défaite à Béziers (34-24) a laissé des traces, mais aussi des promesses. Ce promu, champion de Nationale 2026, apprend à marcher dans un monde qui ne fait pas de cadeaux. Et pourtant, quelque chose se dessine sur les bords de la Robine.
Un premier bloc en montagnes russes
La saison avait mal commencé. À Dax, le collectif orange et noir s'est effondré (57-19), rappelant la dureté de l'étage supérieur. Mais ce promu a du caractère. Contre Nevers, un essai de Nael Souid dans les dernières secondes a offert un premier succès au Parc des Sports et de l'Amitié (28-26). Puis, contre toute attente, à Aix-en-Provence, cette équipe jeune et remaniée a décroché un point de bonus défensif précieux (47-42), portée par une solidarité sans faille.
À domicile, face à Soyaux-Angoulême, l'enthousiasme a été contagieux : quatre essais en sept minutes, une enceinte en fusion, et un succès (31-26) qui aurait pu être plus large. Mais à Béziers, le Racing a montré ses limites, s'inclinant sur un grattage litigieux dans les dernières secondes. Le manager Jacques Delmas, lui, ne cache pas son agacement : « On part en vacances mais je le vis mal, je vais partir agacé. »
Un deuxième bloc qui sent la poudre
Le calendrier ne fait pas de cadeaux. Oyonnax, leader invaincu, se présente vendredi 9 octobre à 19h30. Puis viendront Brive, Colomiers, Montauban et Nissa Rugby, dans un remake de la finale de Nationale. Un parcours de montagne que Delmas aborde avec lucidité : « On va bien préparer ce gros bloc qui arrive, on a trois réceptions. Et non des moindres. »
Le temps presse. Neuf points après cinq journées, comme l'US Carcassonne la saison dernière, qui a fini lanterne rouge. La leçon est dans les têtes. « Il va falloir que les mecs se lâchent, on ne risque rien... si, on risque juste de prendre des gifles si on ne joue pas au rugby », prévient le technicien.
La jeunesse comme étendard
Cette équipe est jeune, remaniée, et c'est peut-être sa force. Elle ne plie pas, même quand tout semble perdu. Elle incarne cette résilience qui fait la fierté d'un peuple audois. Dans un championnat dominé par les gros budgets, Narbonne mise sur l'âme, la solidarité et l'audace. Une philosophie qui rappelle que le sport, comme la vie, se joue parfois à un grattage près.
Le Racing a rendez-vous avec son destin. Et avec son peuple, qui attend de voir si cette équipe saura transformer l'essai d'une saison qui commence à peine.
Photo : lindependant.fr