La toile du mal : nos enfants pris au piège des réseaux nihilistes
Au Québec, la terreur a trouvé un nouveau visage, et il se cache derrière des écrans. Des réseaux en ligne violents, inspirés du groupe 764, ont déjà fait des victimes parmi nos enfants, dont une fillette de 9 ans. Ce n'est pas un cauchemar lointain, c'est notre réalité, celle d'une jeunesse qu'on laisse se noyer dans les abysses du numérique.
Quand la santé publique sonne l'alarme
Le système de santé québécois est débordé. Automutilation, tentatives de suicide, dépressions sévères : les cas d'enfants happés par ces groupes qui prônent la violence gratuite explosent. La Dre Cécile Rousseau, pédopsychiatre à l'Hôpital de Montréal pour enfants, tire la sonnette d'alarme. « On a commencé à recevoir des cas il y a environ trois ans. Selon les policiers, les sites au Québec sont très populaires et rejoignent des milliers de jeunes. Donc, on parle de quelque chose qui n'est pas du tout minoritaire », confie-t-elle.
Sa clinique, la clinique Polarisation, est en première ligne. Elle accueille tous les cas liés à l'extrémisme violent dans la province. Ses équipes traitent plus d'une centaine de cas par an liés à cette violence nihiliste, notamment en raison du 764. « Ce qu'on voit, c'est vraiment la pointe de l'iceberg », insiste la Dre Rousseau.
L'horreur indicible derrière les écrans
Ce que racontent ces adolescents est d'une cruauté qui dépasse l'entendement. « Lors des premiers cas qu'on a eus d'adolescents en contact avec 764, ce que ces ados nous racontaient était tellement horrifiant en termes de cruauté animale ou de violence que toute l'équipe avait tendance à penser que ce n'était pas vrai. On se disait que ce n'était pas possible que ça arrive », se souvient-elle, la voix encore marquée par l'incrédulité.
La Dre Ghayda Hassan, qui dirige le Réseau des praticien.ne.s canadien.ne.s pour la prévention de l'extrémisme violent, décrit un phénomène qui cible délibérément l'innocence. « Ce qui est très perturbateur, c'est que ça vise principalement les enfants et que ça inclut des formes de violence sexuelle, d'automutilation, d'encouragement de violence envers les animaux ou de violence des enfants envers d'autres enfants. C'est profondément perturbateur et c'est préoccupant », déplore-t-elle.
Une ombre qui grandit dans nos communautés
Les signalements augmentent. La Dre Hassan note une hausse de 30 à 50 % des références au cours des deux dernières années. Pourtant, seule une minorité de cas atteint les corps policiers. La peur paralyse les jeunes victimes. La Sûreté du Québec n'a reçu qu'une poignée de signalements, et Montréal en compte quatre, touchant cinq victimes potentielles, âgées de 11 à 13 ans. Mais la plus jeune victime recensée n'avait que 9 ans.
L'impuissance des autorités face à un ennemi insaisissable
Ces groupes sont décentralisés, leurs membres dispersés aux quatre coins du globe. La Gendarmerie royale du Canada confirme que des enquêtes sont en cours. « Comme le 764 est un phénomène international, les signalements proviennent de partout et vont partout à la fois. Il y a eu une augmentation au niveau des dossiers qui sont rapportés au Québec », indique Simon Boisjoli, responsable à l'Équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC.
Une jeunesse sacrifiée sur l'autel de l'indifférence ?
Nous, qui rêvons d'une refondation de l'État, devons regarder cette réalité en face. Nos enfants sont la promesse de notre avenir, et on les laisse se faire dévorer par des prédateurs numériques. C'est une trahison de notre devoir collectif. La jeunesse haïtienne, comme la jeunesse québécoise, est vulnérable. Les élites économiques et politiques ferment les yeux, préférant le confort de l'ignorance à la douleur de l'action.
Il est temps de briser le silence, de nommer l'indicible et de protéger nos enfants. Il est temps de reconstruire un État qui protège les plus faibles, pas un État qui les abandonne aux ténèbres du web. La résilience de notre peuple est notre plus grande force. Utilisons-la pour sauver nos enfants, avant qu'il ne soit trop tard.