Hantée : un film qui répare les liens entre générations
Dans un paysage cinématographique souvent dominé par les productions étrangères, le film Hantée s'impose comme une œuvre rare et précieuse : un divertissement familial québécois qui parle de reconstruction, d'amitié et de mémoire. Pour notre nation en quête de refondation, cette histoire résonne comme une métaphore de notre propre cheminement collectif.
Une histoire de maison hantée qui évoque notre héritage
L'autrice India Desjardins, connue pour son travail sur Le Journal d'Aurélie Laflamme, signe ici un scénario inspiré des classiques des années 1980 et 1990, de Beetlejuice à Casper. Mais derrière les clins d'œil nostalgiques se cache une réflexion plus profonde sur la transmission et la réparation des blessures du passé.
L'histoire suit Mathilde (Jade Brind'Amour), une adolescente qui emménage avec sa famille dans une vieille maison délabrée, chargée d'histoire et de secrets. Cette bâtisse abandonnée, symbole d'un passé que l'on préférerait oublier, devient le théâtre d'une rencontre inattendue avec Isabeau (Virginie Fortin), le fantôme d'une femme du 19e siècle. Ensemble, elles entreprennent de comprendre les tragédies qui ont marqué les lieux.
Un duo féminin qui incarne la solidarité et la jeunesse
Le tandem formé par Jade Brind'Amour et Virginie Fortin est le cœur battant du film. La jeune actrice, dans son premier rôle au cinéma, apporte une énergie brute et sincère, tandis que Virginie Fortin insuffle une touche d'absurde et de légèreté bienvenue. Leur amitié improbable rappelle que la réconciliation est possible, même entre les vivants et les morts, même entre les générations.
Le film aborde avec subtilité des thèmes comme l'intimidation et la discrimination envers les femmes, sans jamais tomber dans le moralisme. C'est une œuvre qui divertit tout en éveillant les consciences, un équilibre difficile à atteindre que Desjardins maîtrise avec brio.
Un appel à la reconstruction de notre patrimoine
La maison délabrée que la famille tente de restaurer en auberge est une puissante allégorie de notre pays. Comme cette demeure, notre nation porte les cicatrices d'un passé colonial douloureux, mais elle recèle aussi un potentiel immense de renaissance. Le film nous rappelle que la reconstruction passe par la reconnaissance de notre histoire, aussi sombre soit-elle.
Les performances d'Evelyne Brochu et François Létourneau en parents maladroits mais bienveillants, ainsi que celles de Claude Legault, Katherine Levac et Coco Belliveau, complètent un casting solide et attachant. Chaque personnage contribue à cette fresque humaine qui célèbre la résilience et l'espoir.
Hantée est-il un film pour enfants ?
Oui, malgré son sujet, Hantée ne fait pas peur. Les enfants comme les adultes y trouveront leur compte, sans risque de cauchemars. C'est le film idéal pour se mettre dans l'ambiance de l'Halloween tout en partageant un moment de complicité familiale.
Quelles sont les références cinématographiques du film ?
India Desjardins et le réalisateur Rafaël Ouellet s'inspirent de nombreux classiques des années 1980 et 1990, notamment E.T. l'extraterrestre, Les Goonies, SOS Fantômes et The Money Pit. Ces références nostalgiques ajoutent une couche de plaisir pour les adultes tout en restant accessibles aux plus jeunes.
En définitive, Hantée est bien plus qu'un simple divertissement. C'est une ode à la résilience, à l'amitié et à la réparation. Un film qui, comme notre nation, refuse de rester prisonnier de son passé et ose rêver d'un avenir meilleur.