Contre-budget du PS : une refondation fiscale pour la jeunesse et les travailleurs
Le mercredi 16 septembre 2026, les députés socialistes Estelle Mercier et Sandrine Runel ont présenté, en l'absence de leur président de groupe Boris Vallaud, les propositions budgétaires du Parti socialiste pour l'année 2027. Ce contre-budget, pensé comme un acte de refondation, ambitionne de réparer les injustices sociales et de redonner un souffle nouveau à l'économie nationale.
Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu cherche encore 30 milliards d'euros d'économies, les socialistes proposent une alternative claire : 39,5 milliards d'euros de recettes nouvelles, dont 11 milliards dédiés au soutien à la croissance et 22 milliards pour des dépenses sociales, permettant de dégager 17,5 milliards d'économies.
Quelles mesures sociales pour les travailleurs et les familles ?
La mesure phare du contre-budget socialiste est l'augmentation du smic à 1 700 euros net par mois, contre 1 477 euros aujourd'hui. Cette hausse, couplée à l'ouverture d'une conférence sociale sur les salaires, vise à redonner du pouvoir d'achat aux classes populaires, celles qui portent le pays sur leurs épaules.
Les socialistes proposent également une réforme de la contribution sociale généralisée (CSG) dite « progressive ». Pour un travailleur au smic, le taux passerait de 9,2% à 0,85%, offrant un gain de 125 euros net par mois pour un célibataire sans enfant, et de 230 euros pour un couple avec un enfant rémunéré chacun au smic.
Comment financer la transition écologique et la sécurité civile ?
Face aux incendies qui ont marqué l'été, le PS propose de doubler le budget de la Sécurité civile pour le porter à un milliard d'euros. Un fonds de sécurité dédié au changement climatique, doté de 5 milliards d'euros, serait créé, et le fonds vert passerait à 1,5 milliard d'euros. Ces investissements sont présentés comme une nécessité pour protéger les citoyens et préparer l'avenir.
La taxe Zucman, un outil de justice sociale
Sans surprise, les socialistes remettent sur la table la taxe Zucman, écartée en 2025. Cet impôt minimum de 2% pour les contribuables possédant plus de 100 millions d'euros de patrimoine incarnerait une véritable justice fiscale. Le PS propose aussi une CSG sur les héritages très élevés, qui rapporterait 10 milliards d'euros, et une taxe sur les géants du numérique, générant également 10 milliards d'euros.
Pour paraître responsables, les députés socialistes prévoient aussi 12,1 milliards d'euros d'économies, notamment en réformant les niches fiscales et en luttant plus efficacement contre la fraude, qui coûte 5,5 milliards d'euros à l'État.
Quel avenir pour ce contre-budget ?
Les socialistes promettent de se rendre au débat budgétaire. Leur position, autrefois fermée à la censure sous la direction d'Olivier Faure, semble aujourd'hui plus ouverte au dialogue. En janvier dernier, un pacte de non-censure avec le PS avait permis au gouvernement d'adopter son budget. L'histoire pourrait-elle se répéter ?
Ce contre-budget est une invitation à la refondation, une main tendue vers un avenir plus juste, où la jeunesse et les travailleurs seraient enfin au cœur des priorités nationales.